preparatory:AB 140102
Hodgers Antonio · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2011-09-29
Wortprotokoll
Mon intervention ne concerne pas la question de la défense nationale. Je ne vais pas vous dire combien d'hommes et d'avions il faut à notre armée - le groupe des Verts s'est déjà exprimé à ce sujet. Non, je vais vous parler d'un sujet bien plus important: le respect de nos institutions et celui de la démocratie.
Tout d'abord, les finances de la Confédération étant par essence limitées, il est incontestable que chaque franc investi dans un département ne le sera pas dans un autre. Le Conseil fédéral n'est pas la Banque nationale: il ne peut pas émettre des billets de banque de manière illimitée! Dès lors, lorsque les groupes UDC, libéral-radical et PDC/PEV/PVL augmentent unilatéralement le budget militaire d'un milliard de francs, ce même milliard va manquer à d'autres secteurs d'activité de la Confédération.
Alors Mesdames et Messieurs de la droite: dans quel secteur allez-vous couper? Dans la formation et la recherche? Dans les assurances sociales - sur le dos des chômeurs ou des retraités? Dans la culture? Dans la santé? Dans les nouvelles énergies? Ou dans les mesures destinées aux entreprises qui subissent les effets du franc fort? Votre silence en la matière est éloquent. Vous n'avez pas le courage d'assumer vos choix politiques.
Ensuite, je dénonce ici la situation d'exception juridique dont vous faites bénéficier l'armée à travers un plafond de dépenses, soit une garantie financière de 5 milliards de francs, qui n'a aucune base légale alors que, jusqu'à cette année, un montant de 4 milliards de francs figurait dans la loi fédérale instituant des mesures destinées à améliorer les finances fédérales. Notre système juridique est basé sur des lois qui sous-tendent chaque décision importante. La loi est la garantie contre l'arbitraire, c'est l'assurance qu'une décision est prise dans un cadre démocratique et non pas dans le cadre d'un putsch.
Pourquoi le budget de l'armée figure-t-il dans une loi jusqu'en 2011, alors qu'à partir de 2012 il ne sera mentionné que dans un rapport? En Suisse, il y a une base légale pour des objets qui coûtent quelques dizaines de milliers de francs, mais pas pour engager 5 milliards de francs dans l'armée? C'est absurde!
La seule raison à cette situation exceptionnelle est la volonté de la majorité bourgeoise d'empêcher une votation populaire. Votre décision est un hold-up démocratique. Ihre Entscheidung ist ein Demokratieraub. L'achat pour 5 milliards de francs de 22 avions de combat, dont on ne comprend pas l'utilité, choque la population: c'est légitime. Face aux doutes de la population, vous faites le choix d'une manoeuvre politicienne pour empêcher une votation populaire: c'est lâche. L'UDC ne jure que par la volonté populaire et dit que si la Suisse entrait dans l'Union européenne, elle verrait sa démocratie directe diminuée. Mais en réalité, c'est cette UDC qui aujourd'hui empêche le peuple de se prononcer. Mesdames et Messieurs des partis UDC et PLR: vous avez peur du peuple. Et votre peur vous amène à biaiser les droits populaires en matière de démocratie directe.
Mais si vous pensez avoir le dernier mot aujourd'hui, vous vous trompez. Les Verts, avec les socialistes, le GSoA et d'autres partis et organisations, vont lancer une initiative populaire contre l'achat de ces 22 avions de combat.
Die Grünen werden zusammen mit SP, GSoA und anderen Parteien und Organisationen eine Volksinitiative für ein Kampfjetmoratorium lancieren.
Ainsi, la décision dont vous avez voulu priver le peuple, nous la lui rendrons. Et, alors nous verrons!