preparatory:AB 150185
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2013-03-18
Wortprotokoll
Madame Maury Pasquier, vous interpelez le Conseil fédéral au sujet de l'augmentation du nombre de diagnostics d'infection au VIH. Je crois que vous avez reçu une réponse assez complète qui montre que nous prenons tout cela très au sérieux. Nous sommes également préoccupés par cette situation, nous la suivons de près et je suis très heureux d'entendre, dans les interventions d'aujourd'hui, qu'il y a aussi un soutien de votre part aux travaux qui sont menés.
C'est vrai que les extrapolations de l'automne passé se sont confirmées pour 2012. L'OFSP a observé une augmentation des diagnostics de VIH de 10 pour cent par rapport à 2011. Au cours des dernières années, on a connu une constante diminution des nouvelles infections et ce changement qu'on constate pour l'année dernière nous interpelle.
Je crois qu'il y a une explication qu'on peut donner ici clairement: les campagnes de prévention, le recul du nombre de diagnostics auquel nous avons assisté ces dernières années ainsi que le discours et le débat sur les médicaments ont pu donner le sentiment erroné que la situation était réglée. Elle ne l'est pas. Il faut le dire avec toute la clarté et la vigueur nécessaire: cette situation n'est pas réglée. Il y a chaque année de nouveaux cas d'infection et une personne qui est infectée le reste à vie - ce que vous avez justement souligné également dans votre intervention, Madame Maury Pasquier. Donc, je crois que s'il y a un élément qui doit nous interpeller, c'est cette sorte de normalisation de l'infection au VIH qui, grâce aux progrès de la médecine, c'est vrai, se traite efficacement - ce qui a très certainement une influence sur le comportement des personnes concernées.
Dans la réponse à votre interpellation sont mentionnés quelques éléments relatifs au traitement ainsi que les différents axes d'intervention. Il est très important de souligner cela. Nous essayons d'avoir une action qui soit très ciblée, vraiment organisée dans ce domaine. En effet, nous savons que par rapport à la population dans son ensemble, les [PAGE 228] personnes qui sont issues de groupes particulièrement menacés encourent un risque 30 à 100 fois supérieur d'être infectées par le virus. Pour les partenaires de personnes infectées, ce risque est 300 fois supérieur. Il faut donc avoir aussi une action en termes de prévention, d'information, de suivi qui tienne compte des différents groupes auxquels nous avons affaire. Le Conseil fédéral a déjà esquissé plusieurs mesures possibles, par exemple recentrer la campagne plus spécifiquement sur le VIH à partir de 2014. Nous souhaitons suivre cette situation de près, avoir un suivi aussi précis que possible des analyses épidémiologiques de 2012 avant de prendre des décisions relatives à d'autres mesures complémentaires.
Madame Maury Pasquier, vous avez mentionné le projet Ecoles. Nous n'avons pas d'élément qui permette de penser que l'augmentation constatée des cas de VIH soit liée à l'abandon du projet Ecoles.
Enfin, il faut être relativement prudent. J'aimerais souligner que ce projet est de la responsabilité de l'Aide suisse contre le sida. Il était financé par des dons privés et n'a jamais fait l'objet du soutien de l'OFSP. En 2011, les antennes régionales de l'Aide suisse contre le sida ont décidé d'utiliser autrement la part des dons privés qui finançaient ce projet et une telle décision relève de la compétence de l'organisation. Mais je crois que l'intervention que vous avez faite à ce sujet fait aussi partie des réflexions que nous devons mener et du cadre dans lequel il faut intervenir.
Pour terminer, la Confédération va poursuivre son engagement, qui a été fort ces dernières années, mais qui doit se poursuivre en collaboration avec les principaux partenaires - il s'agit évidemment des cantons, des associations privées - pour remplir l'objectif du programme national, à savoir diminuer de moitié le nombre de nouveaux cas d'infection au VIH et à d'autres maladies sexuellement transmissibles d'ici 2017.