preparatory:AB 151169
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2013-09-17
Wortprotokoll
L'interpellation Hêche sur la qualité de vie et le bien-être nous invite à porter le regard un peu plus loin que sur des solutions précises à court ou moyen terme dans tel ou tel secteur; elle nous invite aussi à recadrer nos actions dans la perspective de nos objectifs. Je crois que cette réflexion n'est pas optionnelle; c'est une réflexion qui doit être menée, qui s'impose dans le cadre de la Constitution fédérale où s'inscrit aussi l'objectif analogue de la prospérité commune. Ce sont des réflexions qui sont à la fois intuitives et complexes, et les rendre opérationnelles nécessite de disposer d'une série d'indicateurs et aussi de produire un travail interdisciplinaire, interdépartemental.
Vous nous invitez, dans le fond, avec votre interpellation à ne pas penser trop fort en termes de frontières, de départements ou d'offices, mais à réfléchir en termes d'objectifs et à dépasser les carcans pour définir ensemble les meilleures mesures, les mesures les plus efficaces pour atteindre les objectifs que nous nous fixons. C'est un travail qui n'est pas évident, qui porte sur le long terme et qui, pour une part, est en cours. Ainsi, à l'Office fédéral de la statistique, un projet "Complément au PIB" a comme but d'intégrer de nouveaux aspects permettant une représentation plus pertinente du concept de bien-être. Depuis 2012, des données et des informations sont actualisées, étendues, approfondies. D'ici fin 2014, elles devraient nous permettre d'enrichir l'approche classique que nous avons du produit intérieur brut comme un indicateur du niveau de vie d'une société.
Cela dit, une meilleure qualité de vie sur la durée ne peut s'obtenir en maximisant une seule dimension, comme la dimension économique, ou alors en satisfaisant un groupe au détriment des autres. Il est nécessaire d'avoir une approche qui soit pluridisciplinaire.
Vous avez posé deux questions précises, dont l'une concerne la collaboration interdépartementale. J'ai déjà mentionné que c'est une préoccupation importante, même s'il n'est pas toujours évident de l'avoir au coeur de la réflexion politique et de l'action quotidienne. Si l'on pense aux déterminants sociaux et environnementaux de la santé, je peux mentionner par exemple la collaboration que nous avons entre le DETEC et le DFI. Il y a des programmes qui nous permettent de réfléchir à ces questions, par exemple le Programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté, qui est évidemment l'un des éléments qui entrent en ligne de compte, le Programme national alimentation et activité physique, mais aussi le groupe de travail sur le climat et la santé. Durant les prochaines années, nous allons devoir réfléchir à intensifier encore cette collaboration. Cette réflexion doit faire partie des travaux en vue d'élaborer et de développer la stratégie pour le développement durable du Conseil fédéral pour les années 2016-2019.
Vous avez posé une deuxième question qui concerne les études d'impact sur la santé. J'aimerais vous rappeler que cela faisait partie de la discussion autour de la loi sur la prévention. Ces études d'impact sur la santé ont peut-être même été l'un des éléments qui ont conduit le Parlement à considérer qu'on allait un peu loin, qu'il fallait être prudent et qu'on ne voulait pas développer ce point plus que ce qui se faisait déjà. Avec la loi sur la prévention, on aurait eu un instrument qui nous aurait permis de procéder à des estimations plus approfondies des conséquences sur la santé. Pour l'instant, nous n'avons pas d'autres projets en cours. Il n'y a pas d'autres mesures actuellement envisagées dans ce domaine que celles qui existent déjà.
J'espère ainsi avoir répondu, peut-être pas de manière satisfaisante pour vous, en tout cas avoir tenté de répondre à votre interpellation. [PAGE 784]