preparatory:AB 153481
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2010-09-30
Wortprotokoll
J'aimerais remercier la commission dans son ensemble et son président en particulier pour son rapport très intéressant et qui fait bien le tour du sujet. Je voudrais compléter en développant le point de vue du Conseil fédéral et en exposant les deux raisons principales d'entrer en matière. [PAGE 969]
Il en va d'abord évidemment du progrès scientifique, puis de la dimension européenne et internationale, de manière générale, de ce dossier qui est stratégique. Le progrès est réel parce que cette installation permettra d'avoir dès 2015 un outil de recherche qui ouvre des perspectives scientifiques inédites. Des aspects novateurs caractérisent non seulement la machine elle-même, mais aussi son champ d'utilisation. Rendre des processus biochimiques visibles à l'échelle moléculaire est un rêve pour beaucoup de chercheurs.
Dès 2015, des physiciens, des chimistes, des biologistes, des ingénieurs de tous horizons, mais aussi d'autres scientifiques, pourront utiliser le XFEL européen pour observer leurs échantillons sous une lumière toute nouvelle. Ces expériences promettent en effet des percées - Monsieur Maissen a parlé de la médecine et de la pharmacologie - dans les technologies énergétiques, dans l'analyse des propriétés des matériaux, dans le domaine des sciences de base comme la physique et la chimie.
Concernant la dimension internationale, la construction et l'exploitation de cette infrastructure de recherche au niveau européen "plus" repose sur une coopération internationale assez large. De manière générale, nous souhaitons nous intégrer dans ces coopérations internationales lorsqu'elles sont d'intérêt stratégique. Nous voulons consolider et renforcer la position de la Suisse comme pôle de recherche et d'innovation, c'est un objectif principal du Conseil fédéral dans ce domaine.
Juridiquement, le projet se fonde sur une déclaration d'entente qui avait été signée par treize pays, évidemment l'Allemagne et toute une série d'autres, dont la Russie. Après quatre ans d'évaluation, de planification et de négociations, à ce jour onze pays ont signé la convention internationale qui définit les modalités de la construction et de l'exploitation de la future installation. Monsieur Maissen l'a dit, c'est en novembre 2009 que la Suisse a signé sa participation provisoire. Il s'agit maintenant de rester dans la course - parce qu'il y a une course mondiale dans ce domaine, avec deux grands concurrents, qui sont aux Etats-Unis et au Japon. Et pour cela l'Allemagne a fondé une société, la European XFEL GmbH, qui a pour tâche de gérer la construction et l'exploitation de la future installation. Et la Suisse est associée à cette société.
Je préciserai encore que la Suisse s'est engagée à participer à la phase I, c'est donc la phase de la construction de l'installation européenne XFEL; la phase II recouvre quant à elle l'aménagement complet ainsi que la mise en exploitation opérationnelle - mais c'est encore de la musique d'avenir, nous vous présenterons en temps utile ce qui concerne la participation de la Suisse. Il y a déjà des retombées technologiques importantes dans la phase I. Comme l'a dit Monsieur Maissen, la contribution se fait en espèces, mais aussi en nature, avec une contribution sous forme d'équipement technique très avancé, qui sera fourni par l'Institut Paul Scherrer, et qui a évidemment déjà des retombées au niveau industriel en Suisse.
Le projet XFEL à Hambourg - un grand projet international, mondial - et SwissFEL à l'Institut Paul Scherrer présentent des similitudes, mais sont complémentaires, un peu à l'image de ce qui s'était passé pour le synchrotron européen à Grenoble et le Swiss Light Source de Villigen.
La technologie de base est la même, d'où les effets de synergie, mais le champ d'application est complémentaire, d'où l'intérêt de pouvoir utiliser les deux infrastructures. Cela d'autant plus que l'infrastructure européenne sera très sollicitée et la participation des chercheurs suisses ne pourra donc être que très partielle tandis que le SwissFEL permettra à l'industrie et à la recherche suisses d'avoir en quelque sorte une longueur d'avance sur bien des éléments.
Dans cet esprit et dans cette perspective, je vous demande et vous remercie de bien vouloir entrer en matière sur ce dossier et d'adopter le projet d'arrêté fédéral.