preparatory:AB 161500
Ruey Claude · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2003-06-16
Wortprotokoll
D'abord, j'aimerais rendre hommage à M. Schlüer. Il a dit que son but n'était pas de savoir si on renouvelait ou pas les AGE, mais de sortir du FMI! Cela a au moins le mérite de la franchise, à défaut d'avoir le mérite de la raison. S'il s'agit de sortir du FMI, auquel la Suisse a adhéré en 1992 à la suite d'un vote du peuple sur les institutions de Bretton Woods, c'est un choix démocratique qu'on peut faire. La commission ne le recommande pas, car, comme l'ont dit plusieurs orateurs, nous avons là une plate-forme où la Suisse peut jouer dans la cour des grands, où la Suisse est un grand, où elle peut s'exprimer, prendre position, disposer d'une tribune et défendre ses intérêts. De la part de gens qui défendent les intérêts de la Suisse, qui défendent une vision forte et fière de la Suisse, j'ai un peu de peine à comprendre qu'on veuille se retirer du FMI alors que nous en faisons partie en tant qu'Etat souverain, et non pas dépendant d'une décision supranationale.
Donc, je crois qu'il faut rester membre du FMI et ne pas suivre la minorité Schlüer sur ce sujet. M. Mörgeli est venu au secours de M. Schlüer en donnant l'exemple de l'Argentine et il a fait allusion à d'autres exemples; il croit peut-être au paradis sur terre! Le FMI et les instruments qui ont été mis en place sont là précisément sous forme d'assurance pour régler des cas difficiles, des cas douloureux, des cas où, précisément, comme l'a dit M. Mörgeli! à un moment donné les banques privées refusent de prêter et où on est obligé de se tourner vers le FMI. C'est aussi dans l'intérêt de la Suisse, malgré tout, qu'il y ait un système financier qui soit le plus stable possible.
Curieusement, M. Baumann Ruedi a abondé indirectement dans le sens de ceux qui critiquent le FMI. Le FMI a accordé beaucoup de prêts importants; évidemment, il ne les accorde pas sans établir des plans d'ajustement structurel (PAS) qui sont synonymes de bonne gouvernance et qui impliquent notamment des éléments comme l'augmentation de l'économie d'exportation, la réduction des dépenses publiques, la réduction des subventions à l'économie, et qui sont par conséquent comme des règles de fonctionnement qui se rapprochent de ce qui doit être une bonne gestion. Même si - et je l'ai dit dans mon rapport - il y a peut-être eu des dérapages ou des exigences trop fortes, trop brutales, je crois que les mesures correctives qui sont en cours aujourd'hui tiennent mieux compte du développement durable des pays du point de vue de l'ajustement structurel et encouragent l'industrie de transformation locale. Je crois pouvoir dire que l'on s'efforce de faire en sorte que les capacités économiques nationales soient exploitées partout où elles existent, encouragées là où elles sont inexistantes, et que les difficultés sociales qui ont pu naître dans certains pays - et qui ont peut-être troublé M. Baumann Ruedi - soient corrigées, partiellement en tout cas, par les nouvelles mesures comprises dans les plans d'ajustement structurels. Mais évidemment, nous ne sommes pas - je le dis aussi bien à M. Mörgeli qu'à M. Baumann Ruedi - dans un paradis sur terre et il existera toujours des difficultés. Il n'empêche qu'il vaut peut-être mieux avoir les assurances du FMI que de se retrouver dans le chaos total, avec ou sans taxe Tobin. Je ne crois pas que ce soit le lieu ici de parler de la taxe Tobin.
Quant à la proposition de la minorité Gysin Remo à l'article 1er alinéa 2, je m'étonne toujours que M. Gysin Remo - qui a travaillé dans un exécutif - veuille toujours transférer toutes les tâches de l'exécutif vers le Parlement. J'ai beaucoup de respect pour le Parlement - j'essaie d'avoir du respect pour moi-même aussi comme parlementaire -, mais je ne suis pas convaincu que le Parlement doive se mêler de tous les détails. Je ne suis pas convaincu que le Parlement doive absolument gérer tout ce qui est de l'ordre de l'opérationnel. Il doit fixer les grandes lignes, les lignes stratégiques; nous avons pour cela les rapports, le rapport de gestion, la possibilité de poser des questions, d'interpeller; mais vouloir à tout prix associer le Parlement à toutes les délibérations ne me paraît pas conforme à une bonne gestion.
C'est en tout cas la raison pour laquelle, s'agissant de la proposition de minorité Gysin Remo, j'ai un peu de peine à la suivre, et la commission aussi.