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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-06-15

Wortprotokoll

Nous abordons ici un sujet plutôt fondamental car, pour rester en bonne santé, la qualité des aliments dont on se nourrit est déterminante. Mal manger, c'est la porte ouverte aux problèmes. Se nourrir correctement, avec des aliments diversifiés, riches en vitamines et de qualité, est donc fondamental. Manger trop, trop gras, trop sucré, trop salé, avec trop d'huile de palme, est nocif pour la santé. C'est le point de départ du surpoids, du diabète, de l'hypertension, des risques cardiovasculaires. Manger trop de viande - cela a été démontré par des études menées en Argentine - augmente le risque de cancer du côlon. D'ailleurs, les programmes de prévention du cancer conseillent de manger cinq fruits et légumes par jour.

Dans sa réponse, le Conseil fédéral parle de la Stratégie alimentaire suisse et évoque des éléments très positifs. Il est notamment question d'un travail d'information à l'intention de la population sur ce qu'il faut entendre par une alimentation équilibrée et pour apprendre aux gens à faire les bons choix. Le Conseil fédéral parle aussi d'une collaboration entre la Confédération et des entreprises de production de denrées alimentaires et de repas pour que les industriels diminuent la teneur en sel et en sucre de leurs aliments. Il parle également d'une information ciblée visant les populations vulnérables, surtout les jeunes enfants, les adolescents, les personnes âgées, les femmes enceintes et les populations défavorisées.

La réponse du Conseil fédéral mentionne aussi une étude de la Haute Ecole des sciences agronomiques, forestières et alimentaires de Zollikofen de 2014, selon laquelle les aspects financiers ne constitueraient pas le seul critère dans le choix d'une alimentation saine ou plutôt malsaine. Selon cette étude, le panier sain de la ménagère semble 15 pour cent plus cher qu'un panier malsain. Pour finir, le Conseil fédéral fait référence à l'étude du CHUV mentionnée dans mon postulat, qui n'établirait pas de lien entre les moyens financiers et la manière de se nourrir.

J'aimerais dire qu'il y a des éléments clairs: les milieux défavorisés, les milieux très pauvres, mangent notablement moins bien que la moyenne de la population. Des patients m'ont parlé de ce qu'ils étaient obligés de manger à certains moments, à la fin du mois: le repas qui "cale" le plus l'estomac, ce sont les pâtes aux oeufs les moins chères avec de la mayonnaise. On peut aussi manger des viandes grasses, qui ne sont pas forcément très chères selon la qualité de la viande. Par contre, s'offrir des fruits et légumes, par exemple, c'est beaucoup plus problématique. Tout le monde ne peut pas s'offrir une barquette de fraises à six francs. Il suffit de regarder les prix des fruits et légumes sur les étals, dans les marchés, dans les magasins. C'est véritablement un problème.

Par ce postulat, je demande que l'on mène une réflexion sur un concept visant à créer des conditions plus favorables pour permettre aux gens qui ont des difficultés financières d'accéder plus facilement à une nourriture de qualité et, dans ma tête, il s'agit clairement des fruits et légumes. Alors est-ce qu'il faut subventionner la filière? Baisser les prix? Proposer des distributions ciblées? Proposer des distributions dans les écoles, comme je l'ai connu quand j'étais écolier? Ce qui est clair, c'est que manger sainement, c'est une mesure de prévention essentielle pour la santé, mais qui peut être inaccessible pour de nombreux consommateurs, dans notre pays aussi.[GZ]

Merci donc de soutenir ce postulat.

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