preparatory:AB 22409
Garbani Valérie · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-06-10
Wortprotokoll
A l'article 54a, la proposition de la minorité II vise à soutenir le projet du Conseil fédéral et donc à n'introduire dans la loi aucune limitation du nombre de soldats en service long.
D'une part, la crainte de voir, si aucun quota n'est fixé, se développer une armée professionnelle est totalement infondée puisque la Constitution fédérale garantit toujours le principe d'une armée de milice. Il s'agit ici uniquement de soldats qui effectueraient, à leur demande, leur service militaire d'une traite et qui seraient ainsi dispensés des cours de répétition puisque leur service d'instruction serait effectué en une seule fois. Ils ne seraient pas, par ailleurs, libérés de leurs obligations militaires avant l'âge légal, puisqu'ils seraient intégrés dans la réserve. D'autre part, ces soldats en service long seraient en réalité ceux qui disposeraient, et je l'ai déjà dit, de la formation la plus complète.
Avec ma proposition, je précise que je ne souhaite pas voir les soldats en service long être affectés à des tâches civiles. Il ne s'agit pas d'un blanc-seing donné au Conseil fédéral pour avoir facilement des effectifs pour des engagements subsidiaires de sûreté, puisque ces tâches doivent précisément rester subsidiaires. Dans l'idéal, ces tâches ne devraient d'ailleurs pas du tout être assumées par l'armée.
Je ne comprends pas la position de l'Union démocratique du centre qui brandit le spectre de la professionnalisation totale de l'armée et d'une armée à deux vitesses. Je suis convaincue que bon nombre de jeunes astreints au service militaire préféreraient effectuer leurs obligations d'une traite. Si cela devait leur être refusé, c'est-à-dire si la loi introduisait un quota, c'est à nouveau la "voie bleue" qui serait privilégiée, ce que je ne condamne pas, mais ce que condamne la droite.
Comme je l'ai déjà exprimé dans le cadre de ce débat, au regard de la non-imminence d'une menace militaire, une analyse objective et "non casque-à-boulonniste" de la menace permettrait de recourir davantage à la solution des soldats en service long, soldats les mieux formés et les mieux motivés, puisqu'ils pourraient, après cette période hors de la vie civile, se consacrer entièrement et à fond à leur vie professionnelle ou à leur vie de famille.
Pour le groupe socialiste - je l'ai également relevé - une armée composée de 60 000 militaires, dont 15 000 soldats contractuels et 45 000 réservistes, serait amplement suffisante. Les soldats contractuels ne seraient aucunement des soldats professionnels. Ce seraient 15 000 hommes et femmes qui s'engageraient par contrat de travail pour 3, 5 ou 7 ans au maximum, pour ensuite rejoindre la vie civile. Ces jeunes gens, durant leurs obligations militaires, acquerraient une formation qu'ils pourraient utiliser dans la vie civile plutôt que de perdre un temps précieux au sein d'une école de recrues et de cours de répétition.
Chaque année, quelque 32 000 citoyens suisses sont appelés sous les drapeaux. En les englobant dans la réserve durant dix ans, on obtient une armée pléthorique de 320 000 soldats. Pour amener la réserve à un niveau raisonnable de 60 000 soldats, il suffirait de recruter 6000 soldats contractuels par année.
Le projet du Conseil fédéral, et c'est la seule concordance, va dans le sens du concept de sécurité du groupe socialiste, avec ses soldats en service long. Le concept du groupe socialiste est celui de l'avenir, comme le démontre aujourd'hui le projet "Armée XXI" du Conseil fédéral qui réduit les effectifs, comme le préconise depuis de nombreuses années le groupe socialiste dans cet hémicycle.
Les visionnaires soutiendront ma proposition de minorité II, et donc le projet du Conseil fédéral. Les conservateurs obtus s'y opposeront. A vous de choisir votre camp!