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preparatory:AB 228741

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2018-03-15

Wortprotokoll

Aujourd'hui, la loi interdit de traiter les données concernant les opinions et les activités religieuses des militaires. Sous cet angle, notre armée est donc un peu comme les trois singes dont le premier se couvre les yeux, le deuxième la bouche et le troisième les oreilles: on préfère en somme ne rien voir et ne rien entendre. Dit autrement, ce sont les termes utilisés par le Conseil fédéral en réponse à mon interpellation 16.4159: "La seule appartenance à une communauté religieuse quelle qu'elle soit n'est pas considérée par l'armée comme un facteur de risque." Et pourtant, la montée du communautarisme, particulièrement du communautarisme musulman, ce n'est pas juste un fantasme, ni un phénomène qui toucherait juste des pays comme la France où la loyauté d'unités entières de ce fait est parfois jugée douteuse pour le cas où ces soldats devraient être engagés contre "leurs frères", si j'ose dire.

C'est que chez nous aussi, le nombre de musulmans, essentiellement par l'effet de l'immigration, ne cesse d'augmenter et, avec lui, évidemment le nombre de militaires musulmans. Et contrairement à ce que le Conseil fédéral semble penser, cela ne pose pas juste des problèmes d'aumônerie; non, cela pose aussi des problèmes de marche du service, dans le domaine des habitudes alimentaires, des habitudes de prières, etc., et cela pourrait tout aussi bien poser des problèmes opérationnels, par exemple dans l'hypothèse d'engagement à la frontière.

Par idéologie, pour éviter de s'exposer à des griefs comme ceux de faire un amalgame, de la stigmatisation ou de la discrimination - on commence à avoir un peu l'habitude de ce discours -, on peut refuser de considérer ce risque, mais c'est un fait que dans certains documents, émanant notamment de la Conférence islamique, on préconise rien de moins que ce que d'aucuns appellent l'entrisme - dans notre armée et dans d'autres -, avec pour objectif l'occupation de fonctions importantes dans les systèmes politiques et stratégiques en Europe. Notre pays serait-il donc le seul à échapper à un tel risque?

On nous parle encore de protection des données ou de problèmes pratiques comme le fait que le système envisagé serait fondé sur la religion ou la confession, déclarée seulement, des militaires, donc sur une donnée recueillie sur une base volontaire. Mais enfin, qu'est-ce qui a tellement changé sur le fond depuis un peu plus de trente ans, en fait jusqu'à Armée 95 sauf erreur?

Quand j'ai fait mon école de recrues, comme quelques collègues dans cette salle, personne ne trouvait bizarre, et encore moins choquant, qu'on pose la question de l'appartenance religieuse ou confessionnelle, qu'on traite cette donnée et que cet élément figure alors sur quelque chose que j'ai conservé, à savoir ma plaquette d'identité. (L'orateur montre une plaquette d'identité) J'aimerais relever que, indépendamment des risques liés à l'islam, ce que je propose n'est pas discriminatoire, puisque la donnée que je propose de collecter à nouveau - parce qu'elle l'était auparavant - et de traiter ne concernerait pas seulement les musulmans, mais bien tous les militaires, comme c'était mon cas à l'époque, toutes religions ou confessions confondues. Cette donnée serait utile aux aumôniers chargés de l'assistance spirituelle aux militaires, comme c'était le cas auparavant.

La situation actuelle pose donc une question, une question troublante même: qui a intérêt à ce que nous ne sachions rien, ou plus rien, au sujet de la religion affichée par nos soldats, sous-officiers et officiers? Si vous ne voyez pas qui a un tel intérêt, si nous ne voulez pas vous voiler la face, alors peut-être pourrez-vous soutenir cette initiative.