Lexipedia

AB 228743

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2018-03-15

Wortprotokoll

Aujourd'hui, un modérateur de son, qu'on appelle souvent un silencieux, est un accessoire d'arme interdit. Il ne peut donc être acquis que sur la base d'une autorisation exceptionnelle. Ce qui interpelle quand même, c'est que son interdiction figure dans une disposition qui le place sur un pied d'égalité avec un lance-grenade. Alors là, on me permettra quand même de m'interroger. Car, enfin, on comprend bien que si l'on fixe un lance-grenade sur un fusil, on change considérablement la nature de cette arme et sa puissance de feu, mais un silencieux... Une arme à mon sens n'est pas plus dangereuse avec un silencieux que sans, elle fait juste moins de bruit et c'est tout.

L'approche du silencieux qui ressort de l'avis du Conseil fédéral sur mon interpellation 16.4158, derrière laquelle se range la commission, me paraît archaïque. Pour simplifier, on se projette dans je ne sais quel film d'agent secret, sans aller beaucoup plus loin dans des réflexions axées sur la sécurité, les seules qui, selon l'esprit de la Constitution et de la loi sur les armes, devraient pourtant justifier une restriction telle que l'interdiction qui frappe les silencieux.

Alors, jusqu'ici, on n'a pas non plus voulu exploiter le potentiel de réduction des nuisances sonores que recèle l'utilisation de silencieux dans les stands de tir. C'est vrai que l'usage de silencieux rend plus difficile la localisation du tireur et qu'il lui permet d'être plus discret. Mais on oublie, sous l'angle de la sécurité publique, que l'interdiction qui frappe les silencieux ne touche que les citoyens honnêtes et respectueux des lois, qu'une fois de plus on traite comme des criminels en puissance, alors que, par ailleurs, les criminels et les terroristes, eux, se moquent des lois et ne demanderont jamais aucune autorisation, ni ordinaire, ni exceptionnelle, s'ils veulent utiliser des silencieux. J'ajoute que je n'ai pas connaissance d'un seul incident de type terroriste qui serait lié à l'utilisation d'un silencieux. [PAGE 525]

S'agissant des nuisances, je ne vais pas m'étendre sur l'opinion de ceux qui pensent, en somme, qu'il est bon que le tir fasse du bruit - j'ai entendu cela dans la commission -, et que ce bruit fait aussi partie de nos traditions dans ce domaine. Je regrette juste qu'il se trouve encore peu de monde pour exploiter le potentiel des silencieux dans la réduction des nuisances sonores, alors que les stands de tir suscitent toujours plus de conflits de voisinage.

Mais là encore, vu le score sans appel obtenu lors du vote de la commission, je ne vais pas m'acharner. Donc je retire également cette initiative parlementaire, dans l'idée, tout comme pour la précédente, de ne pas détourner nos forces du combat principal que nous allons devoir mener, pour certains d'entre nous en tout cas, pour défendre nos droits et nos libertés en luttant contre la révision de la loi sur les armes que l'Union européenne tente de nous imposer.