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preparatory:AB 235316

de Buman Dominique · Nationalrat · Freiburg · CVP-Fraktion · 2018-09-24

Wortprotokoll

J'ai le plaisir de vous saluer et d'ouvrir cette troisième semaine de notre session d'automne.

J'aimerais, en cette ouverture de séance, évoquer deux événements: un 40e et un 50e anniversaire.

Nous sommes le 24 septembre 1978 - je retourne dans le passé, vous l'aurez compris. C'est exactement le 24 septembre 1978 que le peuple suisse et les cantons accueillaient la création du 23e canton de la Confédération. C'était un oui un peu similaire, mais encore plus puissant, que celui d'hier à l'article constitutionnel sur le vélo. Ce oui massif attestait du profond respect de nos concitoyennes et de nos concitoyens envers les aspirations du peuple jurassien.

Pour la première fois dans l'histoire de notre Etat fédéral, le peuple et les cantons se prononçaient sur l'admission d'un nouvel Etat membre de la Confédération. C'était la première fois qu'aucune puissance étrangère n'intervenait dans le dossier du découpage territorial. Donc, il est important que nous Suisses puissions nous occuper de nos anniversaires - sans juges étrangers -, à l'intérieur du pays, et nous occuper nous-mêmes de nous-mêmes.

Le scrutin capital fut l'aboutissement d'une longue procédure jalonnée par des consultations populaires tant au niveau cantonal que régional. Si la création du nouveau canton n'est pas allée sans blessures, sans difficultés, elle a été caractérisée par cet esprit de conciliation, de concertation et de respect que n'aurait pas nié Frère Nicolas, Bruder Klaus, dont la fête dans le calendrier liturgique tombe demain.

Quatre décennies plus tard - 1978-2018 -, la création du canton du Jura illustre toujours la vivacité et la maturité du fédéralisme helvétique. J'aimerais même dire qu'hier, dans le cadre de votations, dans le canton de Fribourg et dans le canton de Berne, à l'échelon communal, il a été accepté qu'une commune puisse changer de canton en toute liberté; et cela est tout à fait remarquable. Ce vote de 1978 montre la force de notre démocratie semi-directe: nous votons si souvent en Suisse que nous oublions parfois la chance que nous avons de trouver des solutions qui tiennent compte des particularités des diverses populations de notre pays. Et lorsque cela semble si évident à une majorité, il se trouve même que le taux de participation au scrutin baisse, comme hier de 5 pour cent, parce que les enjeux semblaient peut-être moins importants. Cette Suisse est heureuse.

Les armoiries du canton du Jura sont désormais bien en évidence au sommet du hall de la Coupole. Le Jura peut s'enorgueillir d'avoir trouvé sa place au sein de la Suisse, même au sein de notre salle avec deux places qui sont situées en dehors du programme de mobilier originel, et d'être écouté et respecté au sein du Parlement fédéral. La Suisse peut être fière d'avoir réglé pacifiquement un différend de juridiction territoriale en osant remettre en question ses frontières intérieures.

Je souhaite donc bon anniversaire à toutes les Jurassiennes et à tous les Jurassiens, à leur élue et à leurs élus sous la Coupole. Je souhaite surtout bon vent à cette Suisse qui sait se réorganiser et se remettre constamment en question.

Il y a 50 ans, soit dix ans auparavant: première diffusion en direct à la télévision suisse d'un débat du Conseil national. Nous fêtons l'anniversaire de cet événement qui s'est passé le 24 septembre 1968. Il s'agissait assurément d'une grande première du point de vue technique, mais la dimension politique du débat a été tout autant exceptionnelle. Cela concernait notamment le canton de Bâle. A la suite d'une interpellation développée par le conseiller national fribourgeois Max Aebischer, qui fut il y a 49 ans président de notre conseil, le conseil a en effet débattu de la répression du Printemps de Prague. Durant cinq heures et trente minutes, ce ne sont pas moins de 27 orateurs qui se sont succédé à la tribune pour condamner unanimement l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie. Cela ne semble plus retenir l'attention des gens aujourd'hui dans notre salle. L'accueil d'un très grand nombre de réfugiés - jusqu'à la fin des années 1970, près de 12[NB]000 personnes ont trouvé asile en Suisse - a été salué par notre conseil. (BO 1968 N 483-518)

Les médias ont jugé le débat positif, même si la retransmission de ce dernier en direct à la télévision n'avait pas suscité que de l'enthousiasme. Ainsi, le quotidien bernois "Der Bund", par exemple, a regretté l'attitude de certains orateurs, davantage préoccupés par l'image qu'ils renvoyaient d'eux-mêmes face à la caméra que par le contenu de leur intervention. Je pense que la situation a bien changé et que nos collègues d'aujourd'hui ne sont pas du tout sensibles à la retransmission des débats par la radio ou par la télévision.

Je voulais, avec un peu d'histoire, un peu d'humour et un peu d'autodérision, rappeler deux événements clés: 40 ans de la votation fédérale sur la création du nouveau canton du Jura et 50 ans de la première diffusion d'un débat de notre conseil.