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preparatory:AB 250335

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2019-09-12

Wortprotokoll

Votre interpellation, Monsieur le vice-président du Conseil des Etats, traite en premier lieu de la question des examens de dépistage et aussi des recommandations adressées aux professionnels de la santé. Nous avons donné une réponse écrite que, si je vous ai bien compris, vous avez trouvé parfois peu consistante.

Cela me permet de rappeler une chose essentielle, à savoir que la meilleure réponse que l'on puisse donner, la meilleure chose que l'on puisse faire pour combattre le développement des maladies non transmissibles, c'est de la prévention. Vous avez parlé des coûts de la santé, or nous savons que le traitement des maladies non transmissibles représente environ 80 pour cent des coûts de la santé, donc des primes. La meilleure réponse, c'est la prévention, or je me souviens très bien du débat qui a eu lieu au Parlement il y a bien quelques années maintenant et qui a porté sur un projet de loi sur la prévention - il y a d'autres manières de faire de la prévention que de commencer par faire une loi, mais ce n'est pas une mauvaise chose que d'avoir un cadre permettant de travailler et de définir les bases du financement de la prévention. Malheureusement, le Parlement - je crois me souvenir que c'était en 2012 - avait rejeté ce projet de loi, donnant ainsi un coup de frein aux travaux liés à la prévention, qui serait la meilleure réponse aux problèmes que vous avez exposés.

Dans l'intervalle, nous avons quand même pu faire un certain nombre de choses. J'aimerais mentionner notamment l'augmentation importante - je crois qu'on peut le dire - des moyens dévolus à Promotion Santé Suisse, qui travaille sur ces questions-là. Nous avons doublé les moyens, et ce tout en plafonnant les dépenses administratives, ce qui a eu, je crois, un effet important en matière de prévention, ce qui va dans la direction que vous souhaitez.

Mais ne parlons pas trop de prévention, puisque la discussion a eu lieu et que nous avons fait ce que nous pouvions faire en fonction de la marge de manoeuvre - qui n'est pas énorme - que nous avons. Parlons plutôt des questions liées aux examens de dépistage. A ce sujet, le Conseil fédéral évoque dans son avis non seulement l'utilité, mais aussi les problèmes que peuvent poser les différents tests de dépistage, en particulier lorsque les résultats sont faussement positifs ou faussement négatifs. C'est la raison pour laquelle nous sommes convaincus que ces tests de dépistage, pour être vraiment efficaces, ne devraient être conduits que de manière ciblée. S'ajoute à cela que nous n'avons pas la possibilité de faire n'importe quoi. La seule base légale que nous avons, qui est limitée d'ailleurs, c'est la loi sur les épidémies. Et, oui, pour le Conseil fédéral, je l'ai dit et j'aurai l'occasion de le redire plus tard dans la matinée, pour l'instant, un renforcement de ses compétences en la matière n'est pas prioritaire.

Cela dit, nous travaillons très étroitement avec les associations professionnelles, qui élaborent des recommandations. C'est ce qui se passe en matière de prévention - c'est quelque chose de très efficace -, tout comme en matière de dépistage précoce pour le traitement des maladies non transmissibles. De telles recommandations existent sur le plan national, dans de nombreux domaines. Je peux mentionner la question du diabète, le domaine lié au tabac, les rhumatismes ou l'hypertension. Nous avons, je crois, fait de bonnes expériences dans notre système de santé avec le travail des associations professionnelles. Cela fonctionne bien; elles sont bien placées pour savoir quand les recommandations doivent être, par exemple, revues. Elles sont sur le terrain, et cela nous paraît être quelque chose d'efficace.

Dans ce cadre, je peux d'ailleurs mentionner que, dès 2021, un groupe d'experts en matière de prévention dans le domaine des soins sera créé et aura comme tâche de définir les prestations de prévention efficaces et judicieuses.

Cela dit, ce qui manque le plus souvent aujourd'hui, c'est une approche coordonnée pour optimiser la formation des professionnels de la santé, pour mettre en oeuvre aussi ces réflexions dans la formation de base et, surtout, pour prendre des mesures visant à favoriser la mise en oeuvre des recommandations dans la pratique quotidienne. Des discussions [PAGE 690] sont en cours, d'une part avec la FMH, d'autre part avec les ligues de santé, de manière à justement répondre à ces défis, à pouvoir instituer les formations en matière de prévention destinées aux professionnels de la santé et à favoriser la collaboration interdisciplinaire au sein des différentes ligues de santé.

Nous sommes donc convaincus - comme je le disais - de l'utilité d'élaborer des recommandations. Nous sommes conscients aussi des défis que pose leur mise en oeuvre. Nous allons continuer, dans la mesure de nos possibilités et des compétences qui nous sont données, de soutenir des projets qui visent à mettre en application des recommandations relatives à la prévention, au diagnostic précoce et au traitement des maladies non transmissibles. Je crois que c'est une manière non seulement très pragmatique, mais aussi assez efficace, dans notre système de santé qui est très fragmenté, d'avancer dans la bonne direction.