preparatory:AB 253253
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2019-09-26
Wortprotokoll
Monsieur Roduit, nous sommes tout à fait conscients de la problématique liée à la consommation de boissons énergisantes chez les enfants et les adolescents. C'est la raison pour laquelle, dans ce contexte, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires a soutenu financièrement un projet de recherche mené en 2017/18 par le Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne. C'est un projet qui a évalué la consommation de caféine auprès de 94 enfants de 6 à 16 ans, et ma foi si, comme soeur Anne, vous ne voyez rien venir, il faut attendre que le CHUV publie ses résultats. Mais peut-être que frère Alain peut vous apporter quelques informations - ce que je fais volontiers! (Hilarité)
Les premiers résultats de l'étude sont disponibles, mais ils ne sont pas encore publiés. Ils montrent que la consommation journalière de caféine chez ces enfants est de 1,1 milligramme par kilogramme de poids corporel. C'est une mesure qui est trois fois inférieure à la dose individuelle journalière de caféine considérée comme sans risque par l'Agence européenne de sécurité alimentaire, l'EFSA. Cette dernière a effectivement publié une analyse des risques très complète en 2015.
Donc si, selon les premiers résultats de cette étude, cette consommation n'est pas problématique pour la très grande majorité des enfants; c'est la minorité d'entre eux qui doit nous intéresser - et là, vous avez raison! En effet, nous constatons également qu'environ 8 pour cent de ces enfants dépassent la quantité de caféine journalière consommée considérée comme sans risque. Or cela peut - vous l'avez rappelé, Monsieur Roduit - effectivement avoir des conséquences néfastes, et même très néfastes, sur la santé.
Les résultats de ce projet de recherche montrent - et il est intéressant de le savoir - que la caféine est absorbée principalement en consommant des boissons chocolatées - 28 pour cent -, le chocolat - 24 pour cent -, le thé - 14 pour cent -, et les yogourts au moka - environ 10 pour cent -, alors que les boissons énergisantes représentent seulement 4,8 pour cent. Dans ce sens, les résultats de l'étude du CHUV correspondent à ceux enregistrés dans les pays voisins.
Cela dit, la consommation de boissons énergisantes contribue à augmenter également la consommation de sucre, et nous savons qu'elle est, en Suisse, largement supérieure à celle recommandée par l'OMS - soit environ le double, quand même! Ces boissons contribuent donc au surpoids et à l'obésité, ainsi qu'à l'apparition de caries.
Je dis tout cela pour vous rappeler que la question des boissons énergisantes est connue du Conseil fédéral, qu'il la suit de près et qu'elle n'est pas étudiée séparément par les autorités. Ce sujet fait l'objet de recommandations publiées par l'office compétent afin de promouvoir une alimentation équilibrée, y compris une réduction de la consommation de sucre. Or la consommation générale des enfants et des adolescents est traitée dans le cadre de 22 programmes cantonaux en matière d'alimentation et d'activité physique. Ceux-ci visent à encourager les jeunes à pratiquer une activité physique régulière et à avoir une alimentation équilibrée.
Donc, Monsieur Roduit, le Conseil fédéral admet avec vous l'importance de cette thématique, y compris pour les boissons énergisantes, relative à la consommation, notamment, de caféine. Cela dit, et même si tout n'est pas encore publié - et vous avez raison de le mentionner -, des résultats nous parviennent. Cela fait que nous pourrons nous baser sur eux pour la suite de nos réflexions. [PAGE 1908]
Aujourd'hui donc, les choses avancent. C'est ce qui a conduit le Conseil fédéral à proposer de rejeter le postulat.