preparatory:AB 258631
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2020-03-09
Wortprotokoll
La fin de ce débat devient presque philosophique. On est en train de se poser la question de savoir ce qu'est un prix juste, ce que cela veut dire un prix qui est trop cher pour les entreprises, pour les PME, pour les consommateurs. Je pense qu'il y a une chose qui est claire, c'est que les Suisses, que ce soit les particuliers ou les entreprises, ont très bien compris que dans toute une série de domaines ils paient plus cher qu'à l'étranger, et ils ont la conviction qu'ils paient trop cher. Ils ont aussi la conviction que s'ils paient trop cher, ce n'est pas uniquement parce que dans notre pays le niveau des salaires est élevé. L'enjeu n'est pas simplement de défendre le niveau des salaires, parce que les Suisses, je le répète, les particuliers, les entreprises, ont compris que dans toute une série de domaines, la raison pour laquelle ils paient plus cher des biens importés, ou des services importés, qu'à l'étranger, c'est l'usage de positions dominantes dans l'importation de ces biens et de ces services.
Qui souffre de cette situation? Ce sont toute une série de PME actives dans différents domaines - il y en a toute une série, l'hôtellerie, la restauration, l'agriculture. Ceux qui souffrent de cette situation, c'est nous, finalement, ce sont les particuliers, toutes celles et ceux qui sont au bout de la chaîne et qui, à la fin du processus, paient, on peut le dire sans sombrer dans la haute philosophie, trop cher.
Alors, que faut-il faire? La solution qui est proposée, c'est vrai, on va le dire comme cela, n'est pas très libérale.
Je pose quand même une question à tous ceux qui, comme moi, croient jusqu'à un certain point aux vertus du libéralisme et des mécanismes du marché: jusqu'à quel point peut-on invoquer le libre marché, les règles du libre marché, pour défendre une situation qui, précisément, paralyse d'une certaine façon le libre marché et fausse les règles du libre marché?
Je pose encore une autre question: de qui, ici, les uns et les autres, défendons-nous les intérêts? Il y a quelques grands groupes qui bénéficient de la situation dont nous parlons aujourd'hui, mais j'aimerais me placer du côté des citoyens, des PME, qui défendent leurs intérêts à ne pas payer, pour rien, trop cher les biens et les services importés. Parce que, à un moment donné, à la fin du débat, il faudra que les uns et les autres nous expliquions aux Suissesses et aux Suisses pourquoi ils vont continuer ou non à payer plus cher qu'à l'étranger, à payer trop cher ces biens et ces services.
Moi, j'ai fait mon choix: je vais soutenir l'initiative et si, comme cela semble assez prévisible, comme c'est un petit peu dans les habitudes de notre pays, on veut essayer de trouver une solution, une sorte de compromis, eh bien je voterai pour le contre-projet indirect, parce que, en conclusion, je pense que les Suissesses et les Suisses, particuliers et entreprises, attendent de nous que nous fassions quelque chose. Les Suisses ne sont pas d'accord, je crois, de continuer à payer plus cher simplement pour, en définitive, protéger quelques entreprises dont la position est dominante, sachant qu'il s'agit, je le répète, de biens et de services importés.