preparatory:AB 259871
Dandrès Christian · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-05-04
Wortprotokoll
Le groupe socialiste soutient les demandes pour le supplément I au budget pour ce département; il salue en particulier l'action du Conseil fédéral en faveur des indépendants qui peuvent aujourd'hui bénéficier des allocations pour perte de gain même s'ils sont indirectement touchés par les mesures sanitaires édictées par le Conseil fédéral. Sans cela, ces personnes auraient été confrontées à d'importantes difficultés puisqu'elles ne peuvent accéder aux prestations de chômage technique. Cela doit nous pousser à nous interroger sur des solutions à apporter pour que, à l'avenir, puisque la crise est loin d'être finie, cette situation puisse être résorbée et que les indépendants puissent voir l'avenir avec sérénité.
Je me prononcerai sur la question de l'accueil extrafamilial ainsi que sur la question de la culture, puisque ce sont des propositions de minorité dont nous débattons maintenant.
Concernant l'accueil extrafamilial, je crois qu'il faut rappeler ici l'action du groupe socialiste qui a beaucoup oeuvré pour améliorer le dispositif qui a été prévu par le Conseil fédéral. Il a été à l'initiative de cette proposition qui tient à soutenir l'accueil extrafamilial des enfants, en particulier des places dans les crèches. Evidemment, on a débattu ici à plusieurs reprises du bien-fondé de ces mesures; elles sont fondamentales à plusieurs titres. Tout d'abord pour le bien des enfants et de leur développement: les premières années de vie sont absolument fondamentales, et assurer un accueil extrafamilial de qualité s'inscrit dans les engagements que la Suisse a pris tant au niveau national qu'au niveau international en lien avec l'Agenda 2030 pour le développement durable qui a été validé par l'Assemblée générale de l'ONU. C'est également une politique fondamentale pour concilier la vie de famille et la vie professionnelle. Je crois que celles et ceux qui ont fait l'expérience du télétravail durant les dernières semaines ont pu effectivement apprécier les difficultés que cela pose en pratique lorsque l'on doit s'occuper d'enfants et en même temps travailler. Et puis, également, c'est un outil fondamental pour l'égalité entre hommes et femmes dans la mesure où les femmes continuent d'assumer la majeure partie des tâches non rémunérées dans notre pays. Par conséquent, il faut rappeler qu'avoir un emploi est un droit et également une nécessité pour ces personnes.
Enfin, l'accueil extrafamilial permet d'éviter la pauvreté des familles, l'exclusion sociale.
Le soutien financier de la Confédération permettra donc non seulement de créer des places de crèche, mais également de les rendre accessibles à toutes les familles en termes de coûts. C'est un aspect décisif puisque, si les places sont trop chères, il y a un risque que les femmes arrêtent de travailler, abandonnent leur carrière pour s'occuper des enfants, ce qui irait complètement à l'encontre des efforts entrepris au sein de cette assemblée, où le groupe socialiste a lourdement appuyé la prolongation du programme d'impulsion visant à promouvoir l'accueil extrafamilial jusqu'en 2023.
Or, la crise sanitaire a entraîné la fermeture de crèches et il est à craindre que la crise économique qui va s'ensuivre et la crise budgétaire - puisque ces institutions sont subventionnées pour une bonne part - n'entraînent la suppression de places de crèche existantes. Il faut donc un soutien fort. A défaut, on va anéantir des années d'efforts de notre Parlement et des collectivités publiques. Je crois qu'il faut rappeler ici, pour les membres des groupes libéral-radical et UDC, que cette politique est également un instrument de développement économique puisqu'elle permet à plus de personnes de s'engager dans la vie professionnelle.
Concernant le soutien aux entreprises et acteurs culturels, il est inutile de rappeler ici que presque toutes les manifestations culturelles ont été annulées et que celles-ci ne pourront pas reprendre avant plusieurs mois. C'est sans doute l'un des secteurs qui a été le plus touché par la crise. Vu l'annulation de l'intégralité des spectacles, les acteurs culturels n'auront également pas la possibilité d'exercer leur travail avant longtemps. Ils se trouvent donc dans une situation profondément problématique.
Cette situation exceptionnelle frappe un secteur qui, par essence, est particulièrement précaire. Il faut rappeler ici que les acteurs culturels changent très souvent d'employeurs et sont la plupart du temps au bénéfice de contrats à durée déterminée. Il est donc très difficile pour eux de cotiser suffisamment longtemps pour pouvoir accéder aux prestations de l'assurance-chômage.
Pour répondre au groupe UDC, je crois qu'il faut rappeler que les ordonnances prévoient des mesures particulièrement ciblées - pour singer une novlangue néo-libérale - puisqu'il s'agit d'aides d'urgence devant permettre de boucler les fins de mois des acteurs culturels et de les indemniser pour les pertes dues à l'annulation. C'est donc assez rikiki, si vous me passez l'expression. Le caractère très partiel de ces mesures apparaît donc de manière évidente et le principe de subsidiarité cher au coeur de l'UDC a donc été pleinement respecté.
Ces mesures se justifient aussi pleinement eu égard à l'intérêt public, puisque la culture joue un rôle fondamental dans la cohésion nationale et la compréhension, un rôle de pont entre les différentes cultures de la Suisse.
La culture est également un secteur économique qui représente indirectement beaucoup d'emplois. Des études faites à Genève et à Zurich ont montré que ce sont plusieurs dizaines de milliers d'emplois et plusieurs milliards de chiffre d'affaires.
Le groupe socialiste rejettera donc les propositions de minorité déposées par les représentants du groupe UDC (minorités Guggisberg) et soutiendra la proposition Prezioso.