preparatory:AB 260631
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2020-05-05
Wortprotokoll
Merci, Madame la conseillère nationale, pour votre question. Ce que je peux dire à ce sujet, c'est que dès le départ le Conseil fédéral a fait très attention à pouvoir offrir une protection particulière aux personnes particulièrement menacées, qui font partie des groupes à risque, en leur permettant de rester à la maison. On a aussi montré comment il devait être possible de garantir une certaine sécurité sur le plan financier. Il était important pour nous de donner ce signal très tôt; cela a été fait également dans le cadre du droit d'urgence.
Deuxièmement, par rapport au contrôle dans les entreprises, il est vrai que la situation est apparue avec une grande vigueur à fin février, début mars, et qu'elle s'est très rapidement étendue dans tout le pays, et notamment aussi à nos frontières, si on pense à la France et à l'Italie voisine. Tout le monde a été un peu pris au dépourvu. Qu'est-ce que cela signifie dans les entreprises? Qu'est-ce que cela signifie dans le monde du travail? Les entreprises n'étaient pas égales face à cette situation. Certaines connaissaient déjà très bien de telles mesures, parce qu'elles sont effectivement actives dans un domaine où on applique déjà de telles mesures. Pour d'autres, c'était relativement nouveau. On constate aujourd'hui qu'un apprentissage phénoménal a été réalisé, par la population, par la société; on a fait un apprentissage collectif incroyable, toutes et tous ensemble, pour savoir comment faire en définitive pour contrôler au mieux l'évolution d'un tel virus. Et nous sommes convaincus maintenant que la situation dans les entreprises a changé et qu'il sera plus facile à l'avenir d'appliquer les concepts de protection mis en place, parce que tout le monde a bien compris ce que cela signifiait. Il faudra naturellement observer cela dans le détail.
Dernier élément, la situation actuelle est bonne. Le nombre d'infections diminue, la situation s'améliore, et il ne faut absolument pas gaspiller ces efforts durant le mois de mai. Il est très important que durant le mois de mai on puisse revenir à une logique d'endiguement strict. On a besoin du travail très engagé des cantons - c'est très exigeant en termes de personnel et d'engagement - pour pouvoir tracer tous les cas et essayer d'étouffer cette épidémie, de manière à pouvoir vivre aussi normalement que possible, sans avoir de craintes. Il faut aussi éviter une politique de "stop and go", ou de redémarrage, ou de vagues, dont vous avez parlé. Cela ne dépend pas seulement de nous; cela dépend aussi des caractéristiques du virus. Le fait qu'une partie non négligeable de personnes atteintes de la maladie puissent la transmettre et semblent être asymptomatiques rend les choses beaucoup plus difficiles. Il faut en être conscient. Nous avons donc passé cette première étape en limitant la casse, vraiment, et je crois qu'on a réussi à montrer, en prenant des mesures suffisamment tôt, qu'on a réussi à limiter les dégâts. Mais nous savons qu'aussi longtemps qu'il n'y aura pas, soit un traitement très efficace, soit un vaccin efficace, cette situation ne va pas complètement prendre fin pour nous. Nous allons donc devoir l'accompagner avec beaucoup de prudence, mais aussi avec beaucoup de modestie, parce qu'il s'agit d'un nouveau virus, et parce que nous ne maîtrisons pas tous les détails.