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AB 262523

Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2020-06-08

Wortprotokoll

Ma première proposition de minorité concerne la lettre e et elle a pour but d'élargir le cadre des projets pilotes à la prévention et à la promotion de la santé. En effet, ces activités de la part des fournisseurs et fournisseuses de prestations ne sont actuellement pas soutenues par un remboursement via la LAMal.

Or, les maladies non transmissibles comme le diabète, le cancer, les maladies cardio-vasculaires et les affections respiratoires chroniques touchent un quart de la population suisse. Avec les troubles musculosquelettiques, ce que nous pouvons aussi appeler les maladies de civilisation, car elles sont les conséquences de notre organisation sociale défavorable à la santé, ces maladies de civilisation donc, occasionnent environ 40 pour cent des dépenses de santé. En effet, les phases de la maladie étant souvent longues, le traitement est lourd et prend du temps.

Face à ces maladies, la prévention permet d'agir en réduisant les risques de tomber malade. Elle permet aussi de diminuer les besoins en soins et, ainsi, de faire baisser effectivement les coûts de la santé, comme que l'a appelé de ses voeux M. Nantermod. Par exemple, dans le cas du diabète, les soins podologiques améliorent la qualité de vie des patients tout en diminuant le nombre d'amputations, ce qui constitue une économie substantielle. Dans le même ordre d'idée, la Fédération des hôpitaux vaudois a conduit une expérience pour prévenir les escarres. En formant de façon adéquate les collaborateurs et collaboratrices, le nombre d'escarres a été réduit de 50 pour cent, ce qui a entraîné une diminution des coûts de la santé.

Les personnes gravement atteintes par le Covid-19 sont celles, quel que soit leur âge, qui sont déjà atteintes dans leur santé. La meilleure protection face à cette pandémie et à celles qui vont suivre est une politique de santé axée sur la santé publique, avec des moyens forts pour la prévention.

En parallèle, la promotion de la santé crée un processus visant à rendre l'individu et la collectivité capables d'exercer un meilleur contrôle sur les facteurs déterminants de la santé.

La promotion de la santé, en particulier auprès des enfants et des adolescents, revêt un grand intérêt puisque leur comportement a ensuite une influence sur leur santé à l'âge adulte. Ainsi, c'est une bonne partie de notre population qui pourrait, à terme, être moins malade si nous consacrions en amont des moyens dans la promotion de la santé. En gardant les gens en santé, le système évite qu'ils sollicitent des prestations de soins. Cela améliore la qualité de vie de toutes et tous, la santé publique en général et diminue les coûts de la santé.

De plus, cet ajout est complémentaire au soutien de la prévention déjà prévu par la LAMal à l'article 19, puisqu'il [PAGE 778] s'agirait de mettre en place des projets pilotes de financement de la prévention et de la promotion de la santé, en étroit lien avec la coordination et l'intégration des soins, justement en dehors de l'article 19 et des actions de Promotion Santé Suisse. Cela permettrait d'intensifier les outils de prévention et de promotion de la santé, qui permettent effectivement de réduire les coûts tout en améliorant la qualité de vie de toutes et tous.

A propos de ma deuxième proposition de minorité à l'alinéa[NB]6, je rappellerai en préambule que lutter contre la hausse des coûts est indispensable, mais le faire de manière éthique, juste et humaine, c'est mieux. C'est en somme ce à quoi vise cette proposition: veiller à préserver deux principes majeurs de notre système de soins, sa haute qualité et l'égalité de traitement entre les assurés.

La santé est un bien précieux et la qualité des soins en Suisse n'est pas le signe qu'il faut diminuer les moyens qui y sont alloués. Au contraire, la crise sanitaire majeure que nous traversons à cause du Covid-19 démontre que les appétits néolibéraux visant à rendre notre système de santé rentable et compétitif au détriment de la qualité sont dangereux.

Les projets pilotes vont aller dans différentes directions. Ils donneront différents résultats intéressants, dont un certain nombre seront certainement positifs pour l'économicité des coûts de la santé.

Un cadre doit alors être posé une fois le moment venu d'appliquer ou non un nouveau modèle issu de ces essais. Ce cadre doit assurer d'une part que l'économicité ne serait pas réalisée aux dépens de la qualité des soins, et d'autre part que tout assuré aurait droit à ce nouveau modèle de manière égalitaire. C'est à cette condition que cette réforme se ferait au bénéfice du plus grand nombre.