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preparatory:AB 272370

Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2020-12-02

Wortprotokoll

Si nous nous retrouvons de nouveau aujourd'hui à parler de remobiliser l'armée pour faire face à cette crise du coronavirus, c'est parce qu'il y a un problème d'effectif dans notre pays. Pas un problème d'effectif de l'armée, mais bien un problème d'effectif du personnel de santé. Parce qu'il est en tout temps, et particulièrement maintenant face au coronavirus, sous-doté.

Le personnel de santé des EMS - qui sont encore plus sous-dotés, si c'est possible! - a été en plus très fortement frappé par la première vague, et l'est de nouveau par cette seconde vague. Les cantons étaient mal préparés et ils n'ont pas assumé leurs responsabilités: ils n'ont pas investi suffisamment dans le système sanitaire. Oui, c'est leur faute. Oui, cela nous agace que maintenant ils viennent demander l'aide de l'armée afin d'apporter un soutien dans les EMS. Mais, sérieusement, ce n'est pas maintenant l'heure des comptes, car il y a urgence. La situation des résidents en EMS est dramatique. Je vous assure que ces gens s'en fichent pas mal de nos débats ici, de savoir qui est responsable de quoi et où on a le droit d'engager des militaires ou de ne pas en engager. Les EMS ont besoin d'aide, pour le personnel soignant, et pour les personnes résidentes, c'est urgent.

Le problème, c'est la contagion par le virus et pas la façon de combattre le virus. Le problème, c'est la manière de réunir les forces pour combattre la contagion. Il y a un besoin, et les cantons appellent à l'aide pour obtenir un appui en faveur des EMS, parce qu'il est dangereux pour nos aînés qu'il n'y ait pas assez de personnel, parce que ce sont des structures médicales et que les soldats des troupes sanitaires sont donc parfaitement adaptés pour travailler dans des structures sanitaires. Les EMS sont des lieux de soins et de vie, où la contagion est particulièrement dangereuse. Il y a donc un besoin particulièrement accru de personnel pour traiter correctement nos aînés. Il faut avoir en tête qu'ils vivent sur place et qu'ils ont besoin d'un personnel qui soit en forme, qui puisse être remplacé et avoir du repos.

En outre, c'est complètement contre-productif. Si un EMS ne peut pas prendre en charge un résident, où ira cette personne? A l'hôpital! Est-ce vraiment intelligent de laisser certaines personnes en arriver là? On enverra l'armée dans les hôpitaux pour prévenir la surcharge, mais on ne fera rien pour les EMS! En conséquence, les hôpitaux seront surchargés par des résidents qui ne peuvent être pris en charge dans les [PAGE 2190] EMS. Ce n'est très pas malin et surtout c'est dangereux d'un point de vue sanitaire.

En commission, le Conseil fédéral nous a dit qu'il faudrait que ce soit le service civil qui fasse ce travail en EMS. Nous, les Verts, nous buvons du petit-lait parce que cela fait des mois et des mois que nous disons que c'est le service civil qui doit faire les tâches civiles et que son effectif et ses compétences dans le domaine sanitaire doivent être augmentés.

D'un autre côté, c'est complètement incompréhensible, parce que, si la subsidiarité est en effet respectée, le service civil a déjà été sollicité pour les EMS. Donc, on ne peut pas faire appel à lui une nouvelle fois; ou alors la subsidiarité n'est pas respectée, et on nous ment! Donc, c'est soit l'un, soit l'autre, mais pas les deux à la fois.

On nous a dit aussi que l'armée devait fixer des priorités. On sous-entend par là que les EMS ne sont pas une priorité. Je rappelle que, dans le canton de Vaud, la majorité des morts - 60 pour cent - ont eu lieu dans des EMS. Je rappelle que les personnes les plus vulnérables vivent en EMS. Si le Conseil fédéral et la majorité des membres du Parlement - à une courte voix au Conseil des Etats en tout cas - a décidé qu'on pouvait laisser mourir "les petits vieux", je ne partage pas cette opinion-là. Les directives éthiques Covid-19 en matière de triage ne n'indiquent pas non plus cette priorité-là. Elles rappellent que l'âge n'est pas un critère pour décider qui l'on soigne ou pas.

Je vous appelle ici à faire preuve de dignité et de solidarité et à soutenir ma proposition d'amendement.