Lexipedia

preparatory:AB 282108

Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2021-06-01

Wortprotokoll

Nous avons déposé des propositions de minorité qui s'opposent à la position de la majorité de la CER-N afin de soutenir ces deux initiatives des cantons du Jura et de Genève. Je ne me fais aujourd'hui aucune illusion sur la manière dont votera la majorité de notre conseil.

La campagne actuelle autour des pesticides n'est pas faite pour nous rassurer quant au débat démocratique qui a lieu sur le sujet dans notre pays. Les menaces de mort et l'intimidation à tous les niveaux ont fait leur nid dans cette campagne, et c'est bien triste, en plus d'être inquiétant.

La population qui craint pour sa santé et pour les conséquences sur l'environnement ne se sent pas entendue. La plupart des agriculteurs et agricultrices qui ont peur des conséquences des initiatives sur leur production ne se sentent pas compris et, en attendant, le statu quo bénéficie à ceux qui ne s'exposent pas et qui profitent du système mis en place.

Les Grands Conseils des cantons de Genève et du Jura nous ont soumis deux demandes de plan de sortie du glyphosate suite à l'importante décision du Centre international de recherche sur le cancer, en 2015, de classer le glyphosate comme cancérogène probable. Depuis, Monsanto et d'autres firmes proches des fabricants de pesticides sont montées au créneau pour décrédibiliser le Centre international de recherche sur le cancer, pour publier des études contredisant sa position ou pour remettre en cause la toxicité de ce produit. Si ces études étaient indépendantes, ce serait de bonne guerre. Si elles analysaient les effets sur la durée et prenaient en compte l'effet cocktail, ce serait de bonne guerre. Mais il n'en est rien. Le travail d'investigation autour des "Monsanto papers" montre la collusion entre Monsanto et les agences publiques européennes et américaines de protection de l'environnement.

Malgré toutes ces tentatives de noyer le poisson, l'inquiétude demeure face à cet herbicide, devenu une sorte de symbole et de porte-drapeau.

Le Parlement jurassien a adopté en 2015 une motion visant l'abandon du glyphosate, cela dans un canton majoritairement agricole. Trois ans après, le canton du Jura a sollicité la Confédération pour mettre entièrement en oeuvre cette motion et a déposé l'initiative 18.308 intitulée "Glyphosate et principe de précaution". En 2018 également, le canton de Genève a déposé l'initiative 18.319, "En finir avec l'utilisation du glyphosate en Suisse", pour demander au Parlement de prendre en compte le fait que plusieurs gouvernements de pays européens - France, Autriche, Italie - s'opposaient au renouvellement de la licence du glyphosate dans l'Union européenne et estimaient que la recherche agronomique était prometteuse et qu'elle devait donc offrir des alternatives à ce produit. Il s'agit de deux cantons romands bien différents dans leur réalité socioéconomique, mais qui se sont retrouvés dans ce combat commun. Je remarque cela pour nuancer les conclusions entendues ces jours-ci sur le fossé ville-campagne dans notre pays.

Ce que je trouve intéressant dans les initiatives des cantons du Jura et de Genève, c'est finalement qu'elles visent un plan de sortie de la part de la Confédération, afin d'éviter que nous nous retrouvions coincés, comme ce fut le cas avec les néonicotinoïdes désormais interdits dans la production de betterave sucrière.

Il est également intéressant de mettre le doigt sur l'utilisation de glyphosate dans les jardins privés et sur les pelouses. Les communes, aussi bien que les CFF, ont également la responsabilité de diminuer et faire diminuer l'utilisation de ce produit.

Enfin, encore trop de points de vente ne renseignent pas les jardiniers amateurs comme ils le devraient. L'information est lacunaire et doit donc être renforcée disent les auteurs de ces initiatives des cantons du Jura et de Genève. C'est d'ailleurs un argument qui devrait parler aux parlementaires qui se sentent proches des agricultrices et agriculteurs, lesquels se plaignent d'être visés par le combat contre les pesticides.

Vous avez, chers collègues, la possibilité de soutenir des demandes des cantons de Genève et du Jura, qui ont entendu vos plaintes et qui mettent aussi l'accent sur les autres utilisateurs de glyphosate.