preparatory:AB 28340
Maury Pasquier Liliane · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-12-03
Wortprotokoll
Avec la proposition de minorité à l'alinéa 2bis, je ne vous propose finalement qu'une chose, c'est de considérer que, lorsque l'enfant paraît, quand un enfant arrive dans une famille, que celle-ci soit naturelle ou adoptive, cela nécessite du temps pour l'accueillir, pour l'apprivoiser, pour tisser des liens essentiels à un développement harmonieux.
Qui peut effectivement contester que les premières semaines suivant l'accueil de l'enfant dans sa nouvelle famille représentent un moment très délicat? Pour la famille naturelle, et plus particulièrement pour la mère, il s'agit de se remettre de l'accouchement, de mettre en place les meilleures conditions de prise en charge du nouveau-né, de faire connaissance, de le nourrir selon ses besoins, de l'intégrer au monde dans lequel il est né. Pour la famille adoptive, il s'agit d'effectuer nombre de démarches, de mettre en place les meilleures conditions de prise en charge de l'enfant en bas âge - fréquemment affecté de carences affectives dues à la vie en orphelinat et/ou de problèmes de santé -, de faire connaissance, de l'intégrer au monde dans lequel il vient d'arriver et de lui permettre de s'adapter à son nouvel environnement.
Certains et certaines estiment que l'adoption est un choix et qu'il revient par conséquent aux parents adoptifs de l'assumer. Cependant, que l'adoption soit l'unique possibilité pour des couples stériles de fonder une famille ou qu'elle résulte d'un choix de couple, il est certain que le désir d'enfant est comparable chez tous les parents, que tous les parents, adoptifs ou naturels, exerçant une activité lucrative cotisent au régime des APG et que, dès lors, en incluant l'adoption au projet de congé-maternité payé, nous assurerons l'équité pour tous les parents, naturels ou adoptifs.
Pour éviter les abus, pour rester dans un cadre financier raisonnable et réaliste, j'ai fait une proposition de minorité inspirée par les dispositions en vigueur de la loi genevoise sur l'assurance-maternité, qui exclut les enfants du conjoint, qui exclut également les enfants de plus de huit ans et offre la possibilité du congé dès le placement en vue d'adoption, c'est-à-dire au moment où l'enfant arrive réellement dans la famille, le tout pour un montant estimé à 3 millions de francs, soit moins de 0,6 pour cent du coût total du projet. J'espère que vous conviendrez avec moi que ce montant est un bon placement pour le développement harmonieux des enfants et des parents et que ce n'est pas cher payé pour l'égalité des différents types de parents.
Je vous invite par conséquent à soutenir ma proposition de minorité.