Lexipedia

preparatory:AB 283597

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-06-08

Wortprotokoll

Je commence par vous faire part d'un lien d'intérêts: quoique retraité, je suis un vieux commandant d'unité. J'espère donc être en mesure, sur ce sujet qui concerne la bureaucratie, de me faire un peu l'écho de la base. Et j'ajoute que cette intervention m'a été suggérée par un commandant d'unité qui, lui, est encore d'active, qui voit bien sûr les efforts qui ont été faits et qui sont encore réalisés pour combattre la bureaucratie, mais qui sait aussi d'expérience que ces efforts sont encore insuffisants.

Les cadres de milice de notre armée, en particulier aux échelons de la compagnie et du bataillon, croulent en effet sous la charge de tâches administratives toujours plus lourdes. Cela les empêche de se concentrer sur leur mission primaire: conduire leur unité ou leur corps de troupe. Ces exigences bureaucratiques prennent en outre à ces cadres un temps considérable, également en dehors du service. Cette évolution fâcheuse réduit l'attractivité de ces fonctions pour les cadres de milice, avec pour conséquence, parfois, que ces fonctions sont plus souvent occupées par des militaires de carrière. Elle va à l'encontre de l'idée fondamentale selon laquelle les unités et corps de troupe doivent être conduits principalement par des cadres de milice.

Comme exemple des tâches administratives en cause, on peut citer, entre autres: qualification; archivage; formations en dehors du service - par exemple à MIL Office - au lieu d'un soutien à la formation ou d'un soutien suffisant pendant le service; manque de ressources informatiques militaires, en particulier pour le travail hors du service; dynamique propre aux cantons pour les transferts de service, en particulier pour le personnel ayant des fonctions clés; processus compliqué pour les demandes de matériel non alloué, et j'en passe.

Tout doit donc être entrepris pour enrayer cette dérive bureaucratique et pour permettre aux cadres de milice de se concentrer sur leurs tâches de conduite. Un bilan s'impose, pas pour faire de la littérature - je l'ai dit tout à l'heure: de la littérature, on en a assez -, mais pour déboucher sur des propositions concrètes qui vont au-delà des efforts consentis aujourd'hui, bien qu'ils soient louables et que l'on doive les saluer.

Dans son avis en réponse au postulat, le Conseil fédéral a dressé une liste, au demeurant pas aussi longue que celle des problèmes concrets que j'ai relevés, des mesures qui ont déjà été prises pour décharger les commandants de troupe de ces tâches bureaucratiques.

Pour tous ces commandants, je m'en félicite évidemment. Mais cela ne suffit pas, cet effort doit être poursuivi. Dans ce sens, ce que je vous propose, ce n'est pas de faire juste un rapport de plus, donc de produire simplement de la "littérature", mais bien d'envoyer un signal aux commandants de troupe pour leur montrer que le Parlement se préoccupe de leur situation et veut qu'ils puissent se concentrer sur leurs tâches de conduite; un signal aussi au commandement de l'armée pour l'encourager à écouter encore mieux sa base, si j'ose dire, et à intensifier ses efforts de lutte contre la bureaucratie.