preparatory:AB 283873
Nantermod Philippe · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2021-06-09
Wortprotokoll
Nous arrivons au bout de ce débat d'entrée en matière et nous avons entendu que cette réforme de l'AVS, ce projet AVS 21, serait antisociale, inacceptable, antisolidaire. Ce qui est inacceptable, ce qui est antisolidaire, c'est la situation actuelle qui fait que, depuis 2014, l'AVS perd de l'argent. Et depuis 2014, en réalité, nous faisons payer aux marchés financiers, en espérant que cela fonctionne, et petit à petit aux générations futures, les rentes d'aujourd'hui. Nous sommes heureux, dans la situation de pandémie que nous connaissons, de ne pas avoir à financer les rentes payées dans les années 1980 et 1990. Il est indispensable, pour une assurance sociale solide, de ne pas avoir à financer demain les rentes d'aujourd'hui. La vraie solidarité, c'est d'assurer un financement équitable, un financement qui permet de payer chaque année la facture des prestations que l'on a obtenues.
La réforme mise en place par la majorité de votre commission est une réforme solidaire. Certes, des catégories de la population seront davantage mises à contribution. C'est le cas des femmes qui, comme vous le savez, prennent la retraite actuellement une année plus tôt que les hommes. Et forcément, si l'on veut un peu d'égalité, à un moment ou à un autre il faudra en venir aussi à l'égalité de l'âge de la retraite. Mais pour compenser ce 1,2 milliard de francs que nous économisons en augmentant l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, on injecte 812 millions de francs de mesures de compensation, de flexibilisation, de bonus de rente; on ajoute 1,3 milliard de francs de TVA dans le système; et 222 millions de cotisations supplémentaires. Et tout cela s'ajoute quand même à la RFFA.
Il n'y aura pas de réforme de l'AVS qui ne coûte rien. Celles et ceux qui pensent qu'il suffit de puiser dans la BNS pour que l'AVS soit rentable se trompent. C'est là se lier à un instrument qui n'est pas fait pour financer un système de retraite, c'est là jouer avec le feu.
Notre système, la réforme proposée, c'est 20 pour cent de réduction de prestations, mais sans toucher aux rentes, et 80 pour cent d'argent frais dans le système. C'est une réforme solidaire, une réforme solidaire avec les personnes qui ont besoin de l'AVS, mais une réforme solidaire aussi avec les générations futures qui auront aussi beaucoup d'autres réformes à entreprendre, pour l'AVS et pour d'autres assurances sociales.
Pour ces raisons, la commission vous invite à soutenir cette réforme, à entrer en matière et à rejeter les propositions de renvoi au Conseil fédéral. [PAGE 1185]