preparatory:AB 284036
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2021-06-09
Wortprotokoll
La demande formulée dans la motion est claire; elle vient d'être rappelée: Il s'agirait d'inscrire les moyens de contraception dans le catalogue des prestations à charge de l'assurance obligatoire des soins. Il est vrai que, dans son avis, le Conseil fédéral a rappelé que les contraceptifs ne servent ni à prévenir, ni à traiter une maladie et ne constituent pas une prestation en cas de maternité.
Je dois également attirer votre attention sur le fait que si vous souhaitiez aller dans le sens de la motion, il faudrait changer l'esprit et le sens de la loi fédérale sur l'assurance-maladie. On ne pourrait pas, de notre point de vue, simplement mettre en oeuvre ce qui est demandé dans le texte de la motion sans modifier la LAMal. C'est-à-dire que ce que vise, au sens strict, la motion, de notre point de vue, c'est une pratique qui serait illégale. La LAMal ne permet pas au Conseil fédéral d'inscrire les contraceptifs dans le catalogue des prestations de l'assurance de base sans que l'on modifie d'abord la loi. Il faudrait donc vraisemblablement, si vous souhaitez aller dans cette direction, que nous interprétions la motion comme une demande de présenter au Parlement une modification de la LAMal pour pouvoir créer une base légale pour la prise en charge des contraceptifs, ou alors une nouvelle motion qui irait dans ce sens.
Nous sommes donc très réservés, non seulement pour des raisons formelles, mais également pour des raisons matérielles. Il faut dire aussi que l'enquête suisse sur la santé de 2017 - c'est un élément qui joue un rôle dans le débat qui nous occupe actuellement - précise que les préservatifs et la contraception hormonale représentent les méthodes contraceptives les plus utilisées en 2017. Le préservatif est un contraceptif abordable qui protège contre les maladies sexuellement transmissibles et ne provoque pas d'effets secondaires sur la santé. Ainsi, les contraceptifs accessibles existent sans qu'il soit nécessaire de les inscrire dans le catalogue des prestations de l'assurance de base et sans qu'ils n'engendrent des coûts supplémentaires pour l'assurance obligatoire des soins.
Pour le reste, nous avons pris connaissance du fait qu'il existe des disparités cantonales importantes pour ce qui concerne l'accès aux moyens de contraception pour les personnes se trouvant dans une situation financière précaire. Les soutiens possibles incombent en fait aux cantons et aux communes.
C'est avec cette argumentation que je vous invite à rejeter la motion.