preparatory:AB 298593
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-03-16
Wortprotokoll
Depuis plus de vingt ans, le monde politique suisse s'est convaincu qu'un conflit de haute intensité en Europe mettant aux prises des armées régulières avec un engagement de matériel lourd était devenu sinon invraisemblable du moins que sa probabilité était très faible.
Oubliant les leçons de l'histoire, nous avons donc cessé de considérer la sécurité militaire comme une priorité et considéré comme secondaires les missions de notre armée de défense contre un adversaire conventionnel. Cet état d'esprit s'est évidemment répercuté sur le budget de la défense et, avec d'autres facteurs liés à l'évolution de notre société, il explique la réduction massive des effectifs de notre armée et pourquoi nous avons négligé de moderniser nos Forces terrestres.
La guerre en Ukraine vient brutalement de réduire ces illusions à néant. Il est évidemment trop tôt pour tirer tous les enseignements de cette guerre, mais il est déjà temps pour nous de nous réveiller et de faire à nouveau de notre sécurité une priorité, y compris sur le plan budgétaire.
Voilà pourquoi le groupe UDC demande une augmentation du budget de la défense de 2 milliards de francs par an, ce qui ne représentera jamais que 1 pour cent de notre produit intérieur brut, au lieu du 0,7 pour cent actuel. C'est beaucoup moins que ce que demande l'Otan à ses pays membres. Après tout, ce que veut le gouvernement allemand, socialiste et vert, ce qu'il a annoncé dès les premières heures du conflit, est-ce que nous en sommes incapables, est-ce que nous n'en avons pas le courage? Il en va quand même de rien de moins que de la protection de notre population! Au passage, en parlant de budget, disons clairement que la cyberdéfense, qui est importante, est l'affaire de tous les départements et pas seulement du DDPS.
La guerre en Ukraine a montré l'importance de la maîtrise des airs, non seulement par une défense sol-air, mais aussi par des forces aériennes modernes. La modernisation des moyens dont dispose notre armée dans ces domaines est donc une priorité et une urgence. Ceux qui récoltent des signatures contre le nouvel avion de combat doivent aujourd'hui prendre leurs responsabilités à l'égard de notre pays et de notre population.
Il est tout aussi urgent de moderniser nos Forces terrestres, dont nous avons laissé notamment les moyens lourds devenir obsolètes, et dont nous ne sommes même pas en mesure d'équiper tous les bataillons mécanisés et d'infanterie avec des moyens antichars, ceux dont d'aucuns réclament la livraison à l'Ukraine, et dont certains aujourd'hui nous font défaut.
Conscient du temps nécessaire à la planification et à la réalisation de certains projets, le groupe UDC demande au DDPS d'examiner d'urgence, parmi les projets auxquels nous avons renoncé pour des raisons budgétaires, lesquels peuvent être réalisés à court terme, par exemple par des acquisitions complémentaires.
Nous devons avoir le courage de le dire au pays, parce que nous ne lui avons pas donné les moyens depuis trop longtemps: notre armée, en l'état, n'est pas en mesure d'assumer convenablement les missions de défense conventionnelle que le peuple lui a confiées et qui doivent l'être de la manière la plus autonome possible. L'heure est donc venue d'inverser cette tendance. Notre sécurité est à ce prix.