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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-05-09

Wortprotokoll

Le 27 mars dernier, le DDPS analysait la situation sécuritaire de la Suisse comme ne s'étant pas détériorée malgré la guerre en Ukraine. Le risque d'être entraîné dans la guerre, voire d'être directement attaqué est faible, même en cas d'extension du conflit aux pays voisins membres de l'Otan.

L'Otan, le grand mot est lâché. La situation dramatique que vit l'Ukraine est justement liée à l'Otan et à la peur viscérale de Poutine de perdre encore un Etat dans le glacis historique que la Russie a de tout temps cherché à mettre en place de peur des invasions récurrentes que ce pays a subies au cours des siècles. Le malheur de l'Ukraine est d'être, contrairement à la Suisse, située en dehors des limites de cette grande alliance défensive. Ouvrez les yeux, chers collègues: pour attaquer la Suisse, il faudrait que la Russie batte au préalable l'Otan. La géographie et les alliances militaires de nos voisins nous protègent, c'est ainsi. Les tanks et les avions de chasse russes ne vont pas arriver chez nous. Auparavant, ils devraient défaire les forces de l'Otan, très nettement supérieures aux forces russes; une armée russe qui lutte contre celle de l'Ukraine, une armée russe qui s'affaiblit jour après jour. L'Otan qui nous entoure s'est réveillée. L'Europe de la défense est relancée. Paradoxalement, la situation sécuritaire de la Suisse est meilleure aujourd'hui qu'il y a trois mois.

Cette guerre nous a permis de constater le funeste destin des tanks russes détruits en masse par les armes d'aujourd'hui. Le char d'assaut est une arme dépassée, un monstre fragile, limité dans ses déplacements et devenu la cible de ses multiples destructeurs potentiels. Sa seule fonction est de détruire d'autres chars d'assaut que l'on pourrait facilement détruire à l'aide d'autres armes, à moindres frais. Alors quel sens cela a-t-il de vouloir remettre en service nos vieux chars Leopard pour plusieurs centaines de millions de francs? Et que dire du rôle tout à fait secondaire de l'aviation dans cette guerre, les avions ukrainiens ayant été détruits au sol dès le début du conflit? Que deviendraient nos trois aérodromes militaires en cas de guerre?

La droite réclame plus d'argent, sans projet clair, sans analyse. Repensons notre sécurité, oui, mais en tenant compte de notre position privilégiée au centre de l'Europe, entourée par des pays amis et partenaires.

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