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AB 360843

Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2025-09-09

Wortprotokoll

Nous débattons aujourd'hui d'une question qui touche directement à l'avenir de notre paysage radiophonique[NB]: faut-il mettre un terme à la diffusion de la FM dès fin 2026 ou faut-il permettre une nouvelle prolongation[NB]? La commission de votre conseil vous propose cette seconde option, au vu de l'évolution du marché. Le rapporteur de langue allemande l'a dit[NB]: lorsque l'on voit qu'une décision politique était mauvaise, il faut pouvoir la corriger. C'est exactement ce que vous propose la commission de votre conseil.

La décision d'abandonner la FM remonte à il y a plus de dix ans. Elle reposait sur des prévisions, qui, à l'époque, semblaient plausibles. Cependant, la réalité de 2025 est tout autre. Depuis l'arrêt des émetteurs de la FM de la SSR à la fin 2024, nous disposons de chiffres fiables et pas seulement de projections. Or, que voit-on[NB]? Une perte d'audience de 27 pour cent pour SRF 3 en Suisse alémanique et des pertes d'audience, en Suisse romande, de 19 pour cent pour la Première, 46 pour cent pour Couleur 3 et même de 49 pour cent - près de la moitié - pour Espace 2.

Cette hémorragie d'auditeurs a surtout profité aux radios étrangères, qui, elles, sont toujours disponibles en FM. En Suisse romande et au Tessin, en particulier, des dizaines de milliers d'auditeurs écoutent désormais des chaînes françaises ou italiennes. Ce n'est pas une hypothèse, c'est un fait. Ce débat n'est donc pas une question de nostalgie technologique, mais de maintien de la diversité médiatique et radiophonique dans notre pays.

Il faudra sortir de la FM. La radio sortira de la FM. Tout le monde le sait. La seule question est[NB]: à quel rythme[NB]? Ici, la question est[NB]: pourquoi maintenant - cela répond à une question posée précédemment -, alors qu'aucun autre pays n'a pris cette décision[NB]? Même la Norvège, que l'on nous citait comme exemple dans la commission, n'a pas supprimé la FM pour l'ensemble de ses radios, pas pour les radios privées. Alors pourquoi la Suisse voudrait-elle se précipiter pour être à tout prix la première et faire cette sorte de "Swiss finish" un peu autodestructeur[NB]?

Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion en se fondant sur deux arguments principaux[NB]: d'une part, la migration vers le numérique serait déjà une réalité et, d'autre part, un retour en arrière coûterait trop cher. Selon votre commission, ces arguments ne tiennent pas à l'examen des faits.

Le Conseil fédéral affirme que 90 pour cent de la population écoute déjà la radio en numérique. C'est vrai, mais ça ne veut pas dire que ces personnes écoutent exclusivement la radio en numérique. En réalité, 30 pour cent de la population continue d'écouter la radio en FM régulièrement, pour la plus petite partie exclusivement, et les autres en complément du numérique. Il ne faut donc pas ignorer cette réalité. Un sondage publié ce jour dans différents médias de CH Media montre même que 54 pour cent des Suisses continuent d'écouter la radio en voiture. Or, ils le font principalement en FM. C'est un point crucial de cette discussion, car, si la plupart des personnes ont acheté un poste qui émet en DAB plus à la maison, la plupart n'ont pas changé ou adapté leur autoradio. Dès lors, en voiture, de très nombreuses personnes écoutent les chaînes en FM. Si nous la supprimons, [PAGE 1371] pour la SSR et pour les radios privées, le phénomène qu'on a vu s'accentuera, à savoir que les auditeurs, particulièrement dans leur véhicule, écouteront des radios étrangères. Il ne faut donc pas aller plus vite que la musique, comme l'a dit tout à l'heure, lors d'un autre débat, notre collègue Strupler, ou pour le dire autrement, il faut agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire. Il ne sert à rien de se précipiter si le marché ne suit pas.

Le maintien de la FM coûtera-t-il quelque chose[NB]? Eh bien non, pas à l'État. Les radios, qui sont des entreprises privées, décideront si elles souhaitent maintenir cette infrastructure et elles la paieront. Aujourd'hui, elles souhaitent la maintenir, parce que la perte d'auditeurs provoquée par l'abandon de la FM leur coûte beaucoup plus cher en perte de revenus publicitaires que ce que coûte le maintien de l'infrastructure FM, et donc déséquilibre leur budget. Cela ira en diminuant avec le temps, mais, je le répète, il n'y a aucune raison de précipiter le mouvement.

Une minorité de la commission ne voit pas la nécessité de prendre de telles mesures, estimant que le passage au DAB plus a été annoncé et décidé suffisamment tôt. Elle expliquera sa position.

Par 10 voix contre 10 et 4 abstentions, avec la voix prépondérante de son président, votre commission vous propose d'adopter cette motion et de reporter une nouvelle fois cette décision. Tenons compte des faits et ne forçons pas la fin des canaux FM dans une précipitation qui ressemblerait à un aveuglement démocratique, cela alors que les citoyens auditeurs ne suivent pas le mouvement.

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