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preparatory:AB 36156

Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2003-09-16

Wortprotokoll

Nous sommes confrontés à des faits effrayants et à des défis considérables: 1,2 milliard de personnes ne disposent même pas de 1 dollar par jour pour vivre; 113 millions d'enfants en âge de scolarité ne peuvent pas aller à l'école; 800 millions de personnes ont faim dans le monde; 6000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour parce qu'ils n'ont pas accès à l'eau potable, et 42 millions d'habitants de la planète sont infectés par le virus du VIH.

Nous prenons conscience jour après jour de l'interdépendance croissante entre les régions et les peuples de ce monde. On peut citer comme exemples les changements environnementaux globaux, l'instabilité des marchés financiers, le terrorisme international, le SRAS. Tous ces facteurs exigent une politique de développement, avec comme finalité de réduire la pauvreté, de promouvoir un développement durable et de maintenir la paix.

Les objectifs et l'orientation de la coopération au développement sont décrits dans le rapport sur la politique extérieure 2000 du Conseil fédéral. Conformément à sa constitution, la vision de la Suisse est celle d'un monde de paix , de liberté et d'équité. Elle vise à l'amélioration de la prospérité et la réduction de la pauvreté et au maintien des fondements naturels de l'existence. Dans la politique extérieure suisse, la politique et les programmes de développement occupent une place particulièrement significative. Notre politique de développement se caractérise par sa proximité et par l'importance accordée aux expériences pratiques et concrètes.

La coopération suisse au développement est largement reconnue au plan international. Ainsi, le Comité pour l'aide au développement de l'OCDE a donné de bonnes notes à la Suisse à l'occasion de son dernier examen. Il a alors souligné le soutien marqué de la population suisse à la politique de développement du gouvernement, la bonne politique d'information en matière de développement, la concentration des activités sur les pays actuellement les plus pauvres et le rôle innovant de la Suisse en matière de désendettement.

Une étude récente de la Banque mondiale conclut que la cause principale de la plupart des conflits et des guerres de ces dernières années n'est pas due à des différences ethniques ou religieuses, mais bien à la pauvreté. La nécessité de lutter contre la pauvreté n'entre pas en concurrence avec celle d'avoir un monde plus sûr. Bien au contraire, l'élimination de la pauvreté doit contribuer à un monde plus sûr.

Ces objectifs sont aussi dans l'intérêt de la Suisse et de la sécurité des Suissesses et des Suisses: quelqu'un qui vit en paix, qui mange à sa faim, qui peut penser à son avenir, ne songe pas à partir et reste chez lui.

En outre, l'intérêt de la Suisse à soutenir l'aide au développement est également économique et diplomatique. Le bon travail de nos diplomates et de nos coopérateurs améliore les conditions-cadres pour notre industrie d'exportation. Il permet également de créer un marché potentiel avec des consommateurs pour nos entreprises. Enfin, ce travail nous donne de la crédibilité et un poids politique, puisqu'il s'agit là d'un instrument de la politique étrangère de la Suisse.

Je vous demande de bien vouloir nous donner les moyens de poursuivre cette politique qui nous vaut une si grande crédibilité dans le monde.