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preparatory:AB 365338

Clivaz Christophe · Nationalrat · Wallis · Grüne Fraktion · 2025-12-03

Wortprotokoll

Pour commencer, j'aimerais rappeler quelques éléments de contexte dans ce dossier de la gestion du loup, un dossier, comme vous le savez, qui est très émotionnel.

Le Parlement a adopté il y a trois ans une nouvelle loi sur la chasse qui a assoupli considérablement la protection du loup en autorisant la régulation proactive. Sur la base de cette loi, le département a adopté une ordonnance qui facilite grandement les possibilités de tuer des loups, y compris des meutes entières. La régulation proactive a eu lieu pour la première fois de décembre 2023 à janvier 2024, une deuxième fois de septembre 2024 à janvier 2025, et nous sommes donc dans la troisième période, actuellement. Ce sont ainsi environ 100 loups il y a deux ans, puis 125 loups l'année dernière qui ont été abattus pendant ces phases de régulation proactive. En plus de cette régulation proactive, il y a une régulation réactive des loups lorsque ceux-ci causent trop de dommages à des animaux de rente pendant l'estivage, du 1er juin au 31 août.

En complément, les soutiens aux détenteurs d'animaux de rente ont été étendus. Les contributions à la protection des troupeaux et aux charges d'exploitation ont été augmentées pour l'estivage 2024 et 7 millions de francs sont inscrits au budget 2025, un soutien qui sera vraisemblablement prolongé pour 2026.

En parallèle, les dégâts aux troupeaux ont diminué ces dernières années, et ceci, il faut le souligner, déjà avant l'introduction des mesures de régulation proactive, ce qui montre que les mesures de protection des troupeaux sont essentielles. À cet égard, il faut saluer le fait que le Conseil fédéral est revenu récemment sur sa décision de réduire à 50 pour cent la part fédérale aux mesures de protection et de la porter à nouveau à 80 pour cent, une augmentation qui vaut également pour l'élevage et l'éducation des chiens de protection des troupeaux. Cette diminution des dégâts est réjouissante, car l'objectif de ces mesures, la régulation comme la protection des troupeaux, est bien sûr d'atteindre une cohabitation pacifiée entre le loup, les éleveurs et la population.

J'en profite aussi pour rappeler que le loup est un élément important de notre biodiversité et de notre écosystème. Pour celles et ceux qui ne sont pas sensibles à la nature, les loups ont aussi leur utilité. Ils contribuent en effet à rendre les populations de gibier plus vigoureuses et à maintenir l'équilibre naturel des écosystèmes, en particulier des forêts, en diminuant l'abroutissement des jeunes arbres par les ongulés. Cela contribue à prévenir l'érosion et, donc, les glissements de terrain, les avalanches et les inondations, ce qui profite également aux communautés de montagne.

Le nouveau dispositif lié à la régulation proactive est encore jeune et c'est pourquoi il n'est pas pertinent d'y apporter de nouvelles modifications. Un bilan doit d'abord pouvoir être tiré et c'est pour cela que la CEATE de notre conseil a déposé en début d'année le postulat 25.3027, "Évaluation de la loi sur la chasse et du tir de défense en tant que mesure complémentaire possible", qui a été accepté par le plénum. On ne peut pas multiplier les modifications législatives sans laisser le temps à la législation que nous avons adoptée de produire ses effets et sans mesurer les conséquences de la régulation proactive.

Sur le fond, la motion Broulis est disproportionnée et contre-productive par rapport aux problèmes qu'elle prétend régler. Cette motion demande en particulier de pouvoir tuer un loup non pas isolé, ce qui est déjà possible aujourd'hui, mais un loup appartenant à une meute, y compris pendant la phase de reproduction, entre le 1er février et le 31 mai. Il faut avoir conscience du fait que la protection des animaux pendant cette période de l'année est vraiment la base du droit de la protection des animaux. Si la motion est acceptée et qu'on demande ainsi à pouvoir tirer le loup d'une meute y compris pendant cette période de reproduction, on va aboutir à la situation complètement illogique où le loup, qui est une espèce protégée, sera moins bien protégé que les espèces pouvant [PAGE 2006] être chassées qui, elles, ne peuvent pas être tirées pendant la période de reproduction. Abattre les loups d'une meute pendant la période de reproduction uniquement en raison des dommages causés au bétail est ainsi disproportionné. Cela va aussi à l'encontre de la volonté d'une majorité de la population, qui ne désire certainement pas voir des louveteaux mourir de faim parce que l'on a tué leurs géniteurs.

On peut aussi souligner que la motion est contre-productive dans le sens où elle risque d'augmenter les dommages causés au bétail au lieu de les réduire. En effet, lorsque les meutes de loups sont déstructurées par le tir de certains individus la composant, il faut s'attendre à des changements de comportement qui peuvent se traduire par un changement[NB]de[NB]stratégie[NB]de[NB]chasse vers des proies plus faciles et donc, finalement, par davantage de dommages aux animaux de rente.

Comme le recommande le Conseil fédéral, je vous invite donc à rejeter cette motion et à nous en tenir à notre décision de ce printemps, c'est-à-dire attendre les résultats du postulat que nous avons accepté avant de modifier le dispositif légal en place.