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preparatory:AB 368784

Hurni Baptiste · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-18

Wortprotokoll

Quand on parle de contributions volontaires - on a aussi beaucoup parlé de ces contributions "freiwillig" dans le cadre du budget -, il faut quand même un tout petit peu les replacer dans leur contexte et savoir de quoi on parle. On ne parle pas d'un chèque envoyé chaque année à l'Agence spatiale européenne (ESA) pour son budget ordinaire. On ne parle pas d'un cadeau ou d'un luxe superfétatoire, contrairement à ce que d'aucuns imaginent dans ce conseil. Ce sont des fonds liés, octroyés pour des projets spécifiques. Ces projets permettent à ceux qui y prennent part de développer des compétences extrêmement précieuses et contribuent à enrichir les connaissances et à profiter des technologies développées dans des domaines de pointe chez nos voisins. Il est important de mentionner, et je crois que c'est là tout l'enjeu, que la règle dite du juste retour permet aux États membres des programmes de recevoir l'équivalent de ce qui a été versé en contributions volontaires sous forme de contrats des marchés publics de l'ESA pour les entreprises. In fine, cette contribution volontaire conjugue donc un soutien direct, qui est capital, à notre industrie de pointe - car la Suisse a une industrie de pointe en matière spatiale -, et l'apprentissage de compétences que nous n'avons pas, ou moins, via des collaborations technologiques. Diminuer nos contributions volontaires, c'est mettre nos entreprises devant un double désavantage compétitif[NB]: moins de contrats publics, là où les entreprises des pays voisins continuent d'être ainsi économiquement soutenues, et moins de gains technologiques, de savoir-faire technologique et industriel, dans ce domaine d'avenir.

Alors évidemment, c'est un petit budget et, par rapport, à d'autres mesures c'est peut-être un détail, mais encore une fois, la question que nous posons est[NB]: quelle industrie voulons-nous pour notre pays[NB]? Voulons-nous une industrie de pointe[NB]? Si la réponse est oui, eh bien il nous semble qu'il faut soutenir ces contributions volontaires.

Enfin, je rappelle que, dans les domaines dont nous parlons, les entreprises mentionnées fabriquent des produits technologiques de pointe et ce sont des PME, les start-up suisses, qui en bénéficient. S'agissant de l'ESA en particulier, toutes les études, et j'insiste là-dessus, démontrent que le retour sur investissement pour la Suisse en particulier est excellent. De surcroît, cette ligne budgétaire comporte aussi d'autres organisations chargées de la coopération internationale. Beaucoup, et je souligne le "beaucoup", de ces institutions ont leur siège en Suisse, à Genève en particulier. Réduire leur financement, alors même que les États-Unis, comme on le sait, ont fait pareil et de manière extrêmement violente, c'est prendre le risque d'affaiblir des emplois en Suisse qui nous rapportent de l'argent, et de briser l'écosystème genevois.

Je vous remercie de soutenir ma proposition de minorité.