preparatory:AB 39622
Dupraz John · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-12-17
Wortprotokoll
Lorsque nous avons voté la loi sur la Poste - et je l'ai votée -, nous n'avons jamais voté la fermeture de plus de mille bureaux de poste. J'estime qu'à l'époque, lorsque j'ai voté cette loi, j'ai été trompé. Lorsque nous avons appris le programme de fermeture de ces bureaux de poste, c'était peu de temps avant la session de Lugano. A Lugano, j'ai déposé une motion 01.3168 dans laquelle il était demandé que les collectivités publiques - Confédération, cantons et communes - participent au financement du service public qui n'était pas couvert par les encaissements des prestations fournies.
Je considère que l'initiative que nous examinons aujourd'hui va dans le même sens. C'est une bonne initiative qui instaure le respect des communes et des usagers de la Poste. Je dois vous dire que, contrairement à mon collègue du groupe radical-libéral, Monsieur Beck, nous avons vécu dans ma commune une sinistre expérience de fermeture de la Poste. Tout d'abord, alors même que les autorités de la direction de la Poste ont rencontré trois fois les autorités communales, elles n'ont jamais pu apporter la moindre preuve que la fermeture de la poste entraînait des économies - un dialogue de sourds. La commune a offert gratuitement le local de la Poste: refusé. Et maintenant que la Poste est fermée, tenez-vous bien, on va à un bureau de poste cinq kilomètres plus loin et on a entassé les employés de la Poste qui travaillent dans des conditions à la limite de l'acceptable. Et, parce qu'il faut quand même un postier pour distribuer le courrier dans ma commune, alors, pour faire des économies, on lui a acheté une voiture toute neuve! Voilà ce qu'est la libéralisation à la Poste: sous prétexte d'économiser, on fait des investissements dans de la ferraille, alors qu'avec un simple vélomoteur, le postier, avec le local qui ne coûtait rien, faisait la distribution du courrier dans le village. Avec une ouverture de deux fois deux heures par semaine, nous aurions été très contents, mais il semblerait que ces grands directeurs, ces grands savants qui appliquent les règles du libéralisme totalitaire absurde, sont prêts à perdre de l'argent plutôt que d'agir en fonction de données spécifiques des régions en dialoguant de façon constructive avec les autorités communales.
Cette expérience me convainc que la libéralisation qui est appliquée dans le service public de la Poste est un non-sens, qu'elle va dans un mur! Et comme la libéralisation dans l'agriculture, où les perdants sont les producteurs et les consommateurs, ici ce sont les employés et les usagers.
C'est pourquoi - contrairement à Monsieur Beck, qui, lui, a la chance d'avoir encore un bureau de poste, alors que moi je n'en ai plus - je soutiendrai cette initiative, parce que c'est le peuple qui décidera quel service public il veut, mais en tout cas, ce qui est fabriqué maintenant est un service public catastrophique! C'est un non-sens! On ne tient pas compte de l'avis des gens! On ne tient pas compte de l'avis des communes! C'est le dogme que l'on applique bêtement depuis Berne jusque dans les régions les plus reculées de la Confédération!
Ce système-là est indigne du fédéralisme, c'est pourquoi je vous incite à soutenir cette initiative populaire.