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preparatory:AB 49104

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-12-07

Wortprotokoll

Ma proposition s'inscrit aussi dans le cadre de l'exposition du Centre culturel suisse de Paris. Je dois en tout premier lieu préciser deux points: j'ai toujours soutenu jusqu'à présent le travail de Pro Helvetia; et je trouve parfaitement normal que l'on puisse critiquer en Suisse notre pays, notre démocratie, nos responsables politiques - surtout dans les milieux artistiques qui doivent pouvoir compter plus que tout sur la liberté d'expression.

Cela ne me permet pas d'accepter certains excès, de la part d'un artiste suisse renommé, dans le cadre d'une exposition à l'étranger subventionnée par l'Etat, donc par les impôts de nos contribuables. Nous avons un art consommé de faire de l'autocritique. Alors que le monde entier envie notre système de démocratie directe, que certains pays aujourd'hui même se battent pour obtenir une toute petite part de cette démocratie, je trouve déplacé de voir cette démocratie salie, dénaturée. [PAGE 804]

J'estime particulièrement grave que l'on envoie un carton d'invitation réunissant une scène de torture émanant d'une prison tristement célèbre d'Irak et les emblèmes des trois cantons à l'origine de notre pays. Cet amalgame est une insulte inadmissible envers la population de ces cantons. Que dire d'une scène animée où l'on vomit dans une urne, où l'on fait semblant d'uriner sur le portrait d'un conseiller fédéral? Est-ce vraiment de l'art? Est-ce à Pro Helvetia de promouvoir ce type de message politique? Je trouve cela d'un goût plus que douteux. Même si, depuis quelque temps, la vie politique suisse est rythmée par des messages visuels provocateurs et dommageables pour la démocratie, il est d'autant plus regrettable que de telles dérives trouvent leur expression dans la sphère culturelle.

Alors, on pourra me dire que je n'ai pas vu l'exposition; on pourra me reprocher que ce sont des éléments plutôt isolés dans cette exposition. Mode ou pas mode, grand artiste ou pas, je souhaite donner un signe d'un certain ras-le-bol.

Je demande donc, pour ma part, une réduction symbolique du budget de Pro Helvetia, correspondant à un montant qui représente ce que Thomas Hirschhorn doit, semble-t-il, recevoir comme rétribution pour cette exposition.