preparatory:AB 57790
Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2005-09-28
Wortprotokoll
Selon la Conférence universitaire suisse, il y a actuellement parmi les doctorants en Suisse 40 pour cent d'étrangers; il y a plus de 4000 étudiants étrangers en formation de licence et "master", qui coûtent près de 78 millions de francs par an. Ne pas assimiler ces jeunes diplômés à des travailleurs en Suisse constitue un double gâchis: un gâchis financier et un gâchis humain.
Tout d'abord un gâchis financier: compte tenu des sommes dépensées et investies pour ces étudiants, notre pays, en les renvoyant sitôt leur diplôme obtenu, se prive d'une main-d'oeuvre hautement qualifiée. Certains pays comme les Etats-Unis ou le Canada ont d'ailleurs bien compris l'intérêt d'attirer la main-d'oeuvre qualifiée étrangère. Les exemples ne manquent pas de jeunes formés en Suisse qui ont fini par s'établir outre-Atlantique, faute d'avoir obtenu un permis de séjour. Il y a également le risque que la Suisse perde de son attractivité et qu'elle soit boudée par les jeunes étrangers, ce qui serait une perte sur le plan intellectuel pour nous.
Certains ont objecté et continuent d'objecter qu'en octroyant des permis de travail, nous empêcherions cette main-d'oeuvre de se mettre au service de son pays d'origine. Or, le choix de rentrer ou non chez soi relève de plusieurs critères, notamment le parcours personnel et la situation prévalant dans le pays d'origine. Le contexte dans certains pays est tel qu'il est même parfois plus rentable, pour leur développement, de recevoir l'argent que leur envoient des expatriés lorsque aucune perspective professionnelle ne peut leur être offerte.
Soulignons que cette situation n'est pas généralisable. De nombreux pays dits du "Sud" offrent à leurs cadres des possibilités d'emploi et de formation qui n'ont rien à envier aux nôtres. Il est donc primordial de laisser à chaque jeune diplômé le choix d'acquérir ou non une première expérience professionnelle en Suisse et de ne pas doubler le gâchis financier d'un gâchis humain.
L'obstination de certains à ne pas vouloir accorder d'autorisations de travail et de séjour et à se débarrasser à tout prix de cette catégorie d'étrangers est peut-être explicable de la part de xénophobes, pour qui chaque étranger qui quitte la Suisse est une bonne chose; mais pour les milieux éclairés et les représentants qui défendent les milieux de l'économie, un tel refus est tout simplement incompréhensible. Une telle attitude est économiquement un non-sens - pour ne pas utiliser un terme beaucoup plus fort et populaire! La Conférence universitaire suisse, et tout simplement le bon sens, demandent le maintien de la position de notre conseil.
Par conséquent, je vous invite - et particulièrement les représentants qui prétendent défendre des intérêts économiques aussi en Suisse - à soutenir la minorité Wyss et à maintenir la lettre d de l'alinéa 2, telle que notre chambre l'avait adoptée.