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AB 62994

Glasson Jean-Paul · Nationalrat · Freiburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-03-09

Wortprotokoll

Je m'exprime ici au nom du groupe radical-libéral, et je pourrais m'épargner de reprendre la parole sur un thème que trois de mes collègues viennent de développer. Malgré tout, en raison du fait que je suis président de la sous-commission DFAE/DDPS, je vais redire deux choses sur ces visites et sur ces constatations relatives à l'armée.

Tout d'abord, nous n'avons pas terminé nos travaux, mais il est vrai que nous avons renouvelé les visites auprès des écoles de recrues, de sorte que l'on puisse voir s'il y avait des progrès d'une année à l'autre. Malheureusement, les faits ont montré que la situation se détériorait plutôt qu'elle ne s'améliorait. Et cela pour les raisons qui ont été exposées par mes trois collègues précédents et que je ne vais pas répéter: vous savez écouter.

Il n'est pas nécessaire de le dire, les constats faits par les membres de notre groupe sont les mêmes que ceux des orateurs précédents. Certes, il n'y a pas lieu de jeter aux orties la nouvelle formation, mais il y a quand même lieu de faire des corrections qui aillent dans le bon sens, pour éviter les deux points cruciaux qui ont été soulevés par les orateurs précédents.

Le premier, c'est cette formation qui a été modifiée et qui ne donne pas tout à fait satisfaction dans la forme qu'elle revêt, notamment avec les officiers qui arrivent après des sous-officiers et des recrues qui ont pu continuer leur formation technique, et qui se retrouvent à demander aux autres comment les choses fonctionnent, ce qui est quand même un comble. Cela, c'est un des points et il y a des affinages à faire. Il y a d'ores et déjà des correctifs qui sont annoncés. Mais il ne s'agit pas seulement de procéder à des essais, comme c'est le cas aujourd'hui dans une école de recrues; il faudra sans doute mettre ces correctifs en pratique très rapidement.

L'autre problème que nous voyons, et nous avons parfois le sentiment qu'il y a une sorte de déni de vérité au sein du département, c'est qu'il y a un mécontentement au sein du personnel. Comme on vous l'a dit, peut-être contrairement à la CPS, nous sommes allés sur le terrain et nous avons interrogé toutes les personnes - et j'insiste là-dessus - séparément. J'ai même eu l'outrecuidance de renvoyer un divisionnaire qui voulait participer à un entretien, ce qu'il n'a pas trop apprécié - ceci pour dire que ce que l'on nous a dit était quand même la vérité. Alors, il faut bien sûr faire la part du corporatisme qui peut se manifester, mais il y a des choses dont se plaignent les militaires professionnels ou les militaires contractuels qui existent également dans les autres secteurs de l'administration fédérale.

Mais, ce qui est particulier ici, c'est qu'on a - on l'a dit - trois écoles de recrues, peu de possibilités de repos, une responsabilité accrue, un éloignement du domicile; toutes choses qui suscitent une ambiance très désagréable, et un fait très grave, qui augmente la démotivation, c'est que certaines catégories de personnel commencent à se critiquer. J'espère que notre voix sera entendue. Nous aurons bien sûr des entretiens avec le chef du département et avec le chef de l'armée, ainsi qu'avec d'autres acteurs de la formation dans l'armée.

J'aimerais parler d'un deuxième point qui concerne nos services de renseignement qui défraient de plus en plus fréquemment la chronique, même s'il s'agit souvent de tempêtes artificielles et vite calmées. Il apparaît quand même à notre groupe qu'il y a une retenue quant à l'évaluation des fameuses plates-formes censées améliorer la collaboration entre les services intérieur et extérieur de renseignement, car la question se pose: qui pilote notre politique en matière de sûreté de l'Etat? Nous avons trois chefs de département qui composent la Délégation du Conseil fédéral pour la sécurité mais ce "Gremium" - le Conseil fédéral nous le dit - n'a pas de pouvoir. Il se réunit une fois par mois, assez formellement et brièvement. Qui commande, encore une fois? Le président de ladite délégation, qui heureusement est au moins permanent, chaque chef de département dans son secteur, le Conseil fédéral dans son ensemble? S'intéresse-t-il à la question? On peut véritablement se le demander. Nous restons sur notre faim malgré les mesures qui ont été engagées.

Nous suivrons l'évolution des collaborations, mais nous continuons de penser que l'élaboration et la mise sur pied d'un seul département de la sécurité pourraient vraiment assurer l'indispensable unité de doctrine en matière de sécurité de l'Etat.

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