Hodgers Antonio · Nationalrat · 2012-02-28
Hodgers Antonio · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2012-02-28
Wortprotokoll
La série de propositions qui vous est faite a pour objectif, d'une manière générale, de renforcer la cohésion linguistique dans notre pays.
Le but est de souligner que nous sommes une "Willensnation", une nation de volonté et que, d'un point de vue linguistique, cela suppose pour chaque communauté linguistique le fait de choisir sa langue et le fait de faire l'effort d'apprendre celle des autres, ou du moins de la comprendre. C'est le compromis linguistique suisse.
Durant le débat public en 2010 concernant la place de la "Mundart" et la place du "Hochdeutsch", j'ai trouvé intéressant de constater que beaucoup de compatriotes suisses allemands vivent en définitive le dialecte comme une part très importante de leur identité collective et régionale, au niveau culturel, familial et social, mais qu'ils ne comprennent pas que la "Mundart" est également devenue une langue de pouvoir, "eine Machtsprache". Car, in fine, qu'est-ce qui différencie une langue d'un dialecte? C'est le pouvoir. D'ailleurs, la formule du linguiste hébreux Max Weinreich, "une langue est un dialecte avec une armée et une marine", illustre parfaitement la situation ambiguë du "Schweizerdeutsch" en Suisse. Car si son pouvoir n'est pas militaire, la "Mundart" donne un net avantage dans les domaines civils comme le marché du travail, l'économie, la politique, la science et les médias. Et c'est bien là, me semble-t-il, le coeur de la question de l'équilibre entre le dialecte et l'allemand standard, à savoir la place que prend le dialecte dans les espaces de pouvoir, sachant que plus le dialecte prendra de place dans le pouvoir, plus les Suisses romands et italiens en seront exclus.
Den neuesten Statistiken des Bakom ist zu entnehmen, dass die Mehrheit der audiovisuellen Programme des Deutschschweizer Radios und Fernsehens in Mundart gehalten ist. Dieser starke Trend der Medien hin zum Dialekt ist Ausdruck des Willens der SRG, so nahe wie möglich an das Deutschschweizer Publikum heranzukommen. Gleichzeitig entfernt sich die SRG damit aber vom Publikum in den lateinischen Landesgegenden der Schweiz, das nur Standarddeutsch versteht. Aus diesem Grund schlage ich folgenden Kompromiss vor: Unterhaltungs-, Kultur- und Sportsendungen, die stark der Identitätsstiftung dienen und mit Emotionen zu tun haben, können in Dialekt gehalten werden. Hingegen sollen Informations- und Diskussionssendungen sowie Sendungen, die der Vermittlung naturwissenschaftlichen, gesellschaftlichen oder wirtschaftlichen Wissens dienen und kopflastiger sind, in der Regel in Standarddeutsch gehalten werden. "In der Regel" ist wichtig, weil Ausnahmen immer möglich sind.
La disposition qui vous est proposée par mon initiative parlementaire remplacerait la disposition actuelle - trop floue et non appliquée - qui prévoit qu'une émission soit réalisée en langue standard lorsqu'elle est susceptible d'intéresser un [PAGE 60] public au-delà de la région linguistique et hors des frontières nationales.
La Suisse s'est construite sur un plurilinguisme qui implique que les minorités ne soient pas exclues des espaces de pouvoir. Sans en avoir conscience, le lent mais certain recul de l'allemand standard au profit du dialecte met à mal ce pacte fédéral. Il est temps pour nos compatriotes alémaniques de prendre conscience de ce phénomène et de lui donner un cadre.