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preparatory:AB 142191

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-03-16

Wortprotokoll

Suite aux différents problèmes et événements historiques que vivent certains pays d'Afrique du Nord, notre pays doit se préparer à gérer une invasion [PAGE 425] massive de réfugiés en fixant des priorités strictes. Prévenir vaut mieux que guérir, et nous devons être prêts à gérer la situation si elle se présente. Et là, toutes celles et tous ceux qui veulent que notre pays se transforme en un lieu d'accueil démesuré doivent réfléchir aux conséquences désastreuses qu'une situation incontrôlée aurait sur notre population résidente. Les lieux d'accueil dans beaucoup de cantons sont déjà saturés; des moyens de fortune pourraient être mis en place, mais seulement de manière limitée et temporaire.

Le risque d'afflux de personnes d'Afrique du Nord existe et il serait irresponsable de ne pas le prendre au sérieux. Il est nécessaire de se préparer à un tel événement. Si cette éventualité se confirme, notre réaction doit être rapide et bien ciblée, car il faudra par tous les moyens empêcher des passages clandestins aux frontières. A cet effet, la Suisse devra mettre en place un réseau de contrôle serré en utilisant la possibilité prévue dans l'accord de Schengen de réintroduire les contrôles aux frontières en cas de situation extraordinaire.

Il est important que les personnes venant éventuellement d'Afrique du Nord soient contrôlées aux frontières. Ainsi, celles qui sont des réfugiés économiques peuvent, conformément à l'accord de Dublin, être renvoyées dans le pays où elles ont pour la première fois foulé le sol européen. La Suisse ne serait alors pas contrainte de se charger de longues procédures d'asile, sans aucune chance de succès, pendant lesquelles les personnes qui n'ont aucun motif d'asile s'installent dans notre pays.

L'activation d'une clause de sauvegarde temporaire, qui accorderait l'asile collectif à tous les migrants provenant d'Afrique du Nord, aurait pour conséquence de déclencher une situation difficile, voire une invasion en masse de réfugiés économiques. Le Conseil fédéral doit dissuader impérativement les auteurs de cette proposition.

Mais au-delà de cette vigilance, il y a aussi l'aide humanitaire et alimentaire directe qui devrait permettre aux habitants des pays concernés de rester sur place pour reconstruire leur patrie qui a été fortement chahutée par des régimes totalitaires en place jusqu'à ces derniers jours.

La Suisse doit également proposer son soutien pour la mise en place d'institutions démocratiques et respectueuses de l'Etat de droit pour renforcer la société civile dans ces pays. Avec cette manière de faire, on encouragera les habitants de ces pays à reconstruire ensemble une démocratie participative.

Je désire également relever un autre point concernant l'asile économique en général. Notre société occidentale profite d'importations à des prix défiant toute concurrence de produits de consommation, alimentaires ou autres, provenant de pays en voie de développement ou émergents. Très souvent, ces pays en voie de développement exportent des denrées alimentaires alors que la population locale ne mange pas à sa faim ou est exploitée économiquement. Cette considération doit nous faire réfléchir sur ces problèmes d'asile économique toujours plus importants.

Une vigilance à la frontière ainsi que des règles éthiques, sociales et environnementales pour l'importation de denrées alimentaires sont deux moyens d'éviter un afflux inconsidéré de demandeurs d'asile dans notre pays.