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Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2015-09-23

Wortprotokoll

Les changements climatiques sont aujourd'hui une réalité, qui a plus ou moins d'impact d'un bout à l'autre de notre planète. Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut diminuer la consommation d'énergies fossiles.

Un rapport commun de l'Agence internationale de l'énergie et de la Banque mondiale de 2010, intitulé "Etat des lieux des subventions aux combustibles fossiles en 2009 et plan de route pour se libérer des subsides aux énergies fossiles", dénonce les subventionnements aux énergies fossiles qui se montaient en 2009 à plus de 300 milliards de dollars. Il avertit que si rien n'est entrepris, ces subventions se monteront à plus de 600 milliards de dollars sous peu.

Pour les économistes, auteurs du rapport, les choses sont claires: "La suppression successive des subventions aux combustibles fossiles présente trois avantages. La sécurité de l'approvisionnement en énergie serait améliorée, les émissions de gaz à effet de serre seraient réduites et l'activité économique connaîtrait une hausse immédiate."

Eh oui, réduire notre consommation d'énergie fossile permettrait de booster l'activité économique du pays. Alors comment? Prenons l'exemple des cimentiers. Au niveau mondial, ils émettent plus de gaz à effet de serre que l'aviation. A ce jour, je ne connais personne qui peut ou qui veut se passer de ciment. Pour faire du ciment, il faut des fours à près de 1500 degrés Celsius, en fonction vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Pour ce faire, les cimentiers utilisent du fioul lourd, gros émetteur de CO2. Nos cimenteries en Suisse ont adopté pour une grand part des carburants de substitution comme nos vieux pneus et différents déchets. Grâce à cette substitution, ils économisent de l'argent et ils ont diminué leurs émissions de CO2 de plus de 50 pour cent en vingt ans. A eux seuls, les cimentiers suisses ont économisé plus du tiers des émissions de CO2 que la Suisse s'est engagée à diminuer. C'est simple, sans eux, la Suisse n'aurait pas pu atteindre ses objectifs.

Si vous ne voulez pas réduire notre consommation de pétrole malgré le fait que cela améliorerait l'activité de notre économie, si vous ne voulez pas réduire notre consommation de pétrole pour éviter les changements climatiques, alors acceptez de réduire notre consommation de pétrole pour des raisons géopolitiques.

Nous disons toujours que notre pays n'a pas de pétrole mais que nous avons des idées. Oui c'est juste, nous n'avons pas de pétrole; notre approvisionnement en pétrole vient de pays tels que la Libye, l'Irak, le Nigeria, des pays du Moyen-Orient, dont je vous laisse seuls juges de savoir s'ils sont recommandables ou non.

Ce qui est certain, c'est que plusieurs de ces pays sont impliqués de près ou de loin dans le terrorisme, qui jette des milliers de pauvres gens sur les routes et dont le thème finit par occuper toute notre campagne politique. Alors si on veut vraiment régler le problème de l'immigration qui nous occupe actuellement, eh bien commençons par arrêter d'alimenter en argent des pays qui flirtent dangereusement avec les terroristes, en diminuant notre consommation de pétrole.

Enfin, si toutes ces bonnes raisons ne vous ont toujours pas convaincus de diminuer notre consommation de pétrole, c'est cette fois la chimiste qui va vous parler. Tout ce qui nous entoure est issu du pétrole: le plastique, le vernis sur nos belles chaises, le stylo du président, nos habits, les teintures et même les médicaments. Alors pourquoi brûler une matière aussi précieuse? Que dirons-nous à nos enfants, alors que nous savons déjà aujourd'hui qu'il est idiot de brûler du pétrole, qu'il est idiot de brûler de l'or noir?

La Conférence de Paris sur le climat est essentielle, non seulement pour obtenir un accord mondial sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi parce qu'un tel accord diminuerait la dépendance de nombreux pays envers les énergies fossiles et dès lors diminuera aussi les tensions et les guerres liées à ces énergies.

Monsieur Rösti, l'Union européenne a reconnu, dans un rapport de 2012, le fait que ses membres subventionnaient à hauteur de 10 milliards d'euros chaque année les centrales électriques à charbon. Ce subventionnement massif et l'arrivée de charbon très bon marché des Etats-Unis a poussé l'Allemagne à rouvrir des centrales à charbon. Ceci génère une surproduction d'électricité au niveau européen et, du coup, les prix sont très bas. Voilà, Monsieur Rösti, la vraie raison des prix bas, qui ne sont liés ni au subventionnement des énergies renouvelables, ni au tournant énergétique en Allemagne.

Les prix trop bas portent préjudice à tout le parc de nos barrages hydrauliques, qui ne peuvent pas "régater" face à ce courant massivement subventionné. Un moyen de faire remonter les prix serait de diminuer la surproduction. Alors je vous pose la question: pourquoi ne pas fermer définitivement les réacteurs nucléaires de Beznau? Cette centrale nucléaire est dangereuse et elle n'est plus rentable. Ses propriétaires doivent remettre des centaines de millions de francs pour rafistoler ses deux réacteurs. Cet argent serait bien mieux investi dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie.

Cessez de voir l'arrêt des centrales nucléaires et la diminution de la consommation d'énergie fossile comme un problème pour l'économie, c'est au contraire une chance que notre pays peut saisir et doit saisir. Les entreprises qui veulent avoir une chance d'exister à l'avenir doivent allier écologie et économie, et c'est dans ce sens que travaille le Parti vert'libéral.

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