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preparatory:AB 41712

Dupraz John · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-03-17

Wortprotokoll

C'est un débat délicat et je dois dire qu'en commission, le débat s'est toujours déroulé au niveau des principes. Contrairement à ce que certains préopinants ont dit, la commission n'a pas choisi son camp - c'est Monsieur Donzé qui a dit cela. Je trouve que ses propos sont insultants pour la commission. Elle s'est placée uniquement au niveau des principes; et son collègue Monsieur Waber, en disant que le postulat de la commission signifiait "N'achetez pas aux juifs!", a laissé entendre que les commissaires pourraient être suspectés de racisme.

Monsieur Waber, vos propos sont inacceptables, inadmissibles, et ne sont pas dignes d'un élu du peuple suisse. Jamais nous ne nous sommes placés à ce niveau-là. C'est malhonnête de votre part que de prétendre cela et je m'insurge contre ces propos. Du reste, dans mon rapport et celui de mon collègue Monsieur Andreas Gross, nous parlons de "peuple palestinien", de "peuple israélien", et de situations dramatiques. Nous avons proposé ce postulat, car nous pensons qu'on ne peut pas à la fois se plaindre auprès d'Israël lorsque des installations qui ont été construites avec des contributions financières de la Confédération pour venir en aide au peuple palestinien sont détruites par l'armée [PAGE 418] israélienne et, en même temps, collaborer militairement avec Israël. Il y a peut-être un hiatus qu'on a de la peine à comprendre, et c'est de là qu'est né ce postulat, suite aussi à des interventions d'organisations non gouvernementales, qui allaient dans le même sens.

Depuis, la situation s'est largement compliquée dans cette région du monde et, expressément, je n'ai pas fait référence à la construction du mur qui nous rappelle le sinistre mur construit à Berlin. Moi qui suis agriculteur, je dois dire que ce mur me scandalise du fait qu'on coupe de leurs terres des paysans, de petits paysans dont ces terres sont le seul moyen d'existence, et ça, j'ai vraiment de la peine à le comprendre.

D'autres remarques ont été faites, notamment par Barbara Haering qui a dit: "Pourquoi uniquement concentrer ce postulat sur les problèmes entre Palestiniens et Israéliens?" Nous n'avons pas la compétence de faire une politique, je dirais, généraliste concernant tout le Moyen-Orient. Nous nous sommes concentrés sur des faits bien précis concernant ce drame qui est vécu, encore une fois, par le peuple palestinien et par le peuple israélien.

Nous ne demandons pas que la Suisse coupe toute coopération civile et commerciale avec Israël, absolument pas. Ce n'est pas un appel au boycott. Le texte du postulat est très mesuré puisque le Conseil fédéral est "invité à étudier", et nous ne disons pas qu'il faut suspendre tout de suite la coopération. Donc, nous ne comprenons pas pourquoi le Conseil fédéral est aussi sévère et demande le rejet de ce postulat.

Quant à Monsieur Fehr Hans, il estime que ce postulat est une erreur. Vous savez, Monsieur Fehr, l'erreur, c'est peut-être le peuple suisse qui l'a faite, lorsqu'il vous a élu dans ce Parlement. Une erreur? Vous ne pouvez quand même pas suspecter des députés de bonne foi, suite à une discussion en profondeur, de faire une proposition qui est ce qu'elle est - vous avez le droit de ne pas être d'accord avec ce postulat, mais prétendre que c'est une erreur, je trouve que c'est un peu court.

Dire que ce postulat est unilatéral, Monsieur Gutzwiller, c'est une erreur fondamentale de votre part, car il n'y a pas de commerce et de coopération militaire avec la Palestine.

Et ce postulat a justement pour objectif d'assurer une totale neutralité de la Suisse dans ce conflit, car la Commission de politique extérieure estime qu'il y a une certaine inégalité de traitement entre les deux belligérants en raison de la collaboration avec l'Etat d'Israël en matière militaire.

Comme l'a dit le Conseil fédéral, il est vrai que la situation n'est pas si simple dans cette région. Elle est très compliquée et je suis heureux de voir que le Conseil fédéral a de la compréhension pour ce postulat. Je suis heureux d'apprendre que les accords en cours sont réalisés à 94 pour cent, et je constate que le Conseil fédéral applique pratiquement par anticipation ce postulat, puisqu'il est très réservé en ce qui concerne de futurs achats, ou une future collaboration plus intense en matière militaire avec Israël.

Je prétends que ce postulat est un signe clair de politique pour la Suisse et pour notre gouvernement, c'est une manière de dire aux belligérants: "Nous voulons que les décisions et les résolutions de l'ONU soient respectées. Nous voulons la paix."

C'est pourquoi, par pragmatisme, et contrairement à ce que dit le Conseil fédéral, nous vous invitons à accepter ce postulat.