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Courant bon marché issu de la forte production d'électricité verte en Europe. Une réponse aux risques pesant sur les livraisons de gaz russe

14.3836 · Interpellation · 2014-09-25

Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication

Liquidé

Wortlaut

Les installations de conversion d'électricité en gaz ("power-to-gas") et conversion de gaz en liquide ("gas-to-liquid"), qui permettent de produire un gaz ou un combustible neutres en CO2 à partir des surplus d'électricité provenant d'énergies renouvelables, peuvent être utilisées pour le chauffage de bâtiments ou la propulsion de véhicules. Ces installations font le lien entre les réseaux d'électricité et les réseaux de gaz.

N'y a-t-il pas lieu d'examiner plus en détail dans un rapport la fonction de liaison que ces installations assurent entre le système électrique et le système gazier, d'autant plus que les technologies de conversion d'électricité en gaz et de conversion de gaz en liquide permettent de répondre efficacement à différents problèmes actuels (voir développement)?

Quel pourcentage du chauffage de bâtiments et de la mobilité pourrait être couvert par des installations de conversion d'électricité en gaz et conversion de gaz en liquide si l'on considère que l'on dispose de quantités suffisantes d'électricité excédentaire ?

Begründung

Le conflit en Ukraine pourrait affecter les livraisons de gaz russe vers l'Europe, et donc vers la Suisse. Il est important de réduire cette dépendance. Or, le marché "spot" permet de se procurer dans toute l'Europe du courant bon marché grâce à l'importante production d'électricité issue d'énergies renouvelables et à l'accroissement de la production d'électricité des centrales à charbon. Comme le développement des énergies renouvelables est érigé en objectif politique dans de nombreux pays européens et que ces pays disposent des technologies nécessaires, on peut s'attendre à une forte progression de ces énergies. Les groupes d'électricité suisses ont négligé les excédents d'électricité provenant des énergies renouvelables, préférant investir à l'étranger, notamment dans des gazoducs, des centrales à gaz ou des centrales à charbon. L'avenir de ces groupes passe par une réorientation et un élargissement de leurs champs d'activités. Les technologies "power-to-gas" et "gas-to-liquid" peuvent aider à répondre aux évolutions esquissées plus haut. Les installations de conversion d'électricité en gaz et de conversion de gaz en liquide permettent en effet de convertir en gaz renouvelable et en combustible de synthèse les surplus d'électricité verte produits en quantité croissante en Europe. Ces installations permettraient de faire passer des secteurs entiers (mobilité et chauffage) au renouvelable. Elles ouvriraient en outre de nouveaux secteurs d'activités à nos groupes d'électricité (stockage de l'électricité sous forme gazeuse ou liquide, valorisation de l'électricité excédentaire, augmentation des livraisons d'électricité au secteur de la mobilité). Et surtout, elles permettraient à la Suisse de réduire sa dépendance à l'égard du "gaz de Poutine".

Stellungnahme des Bundesrates

La capacité de notre pays de pallier les interruptions éventuelles de l'approvisionnement gazier international est jugée excellente. Cela a été démontré par les travaux récents concernant le "stress test" de l'approvisionnement gazier européen initié par l'UE. Le gaz occupe une part relativement faible dans la consommation globale d'énergie en Suisse. La Suisse est bien intégrée dans le système européen de transport de gaz. Par ailleurs, les fournisseurs étrangers se procurent le gaz auprès de différentes sources, mais une grande partie provient d'Europe. Le grand nombre d'installations bicombustibles, permettant de passer selon les besoins du gaz au mazout, contribue finalement aussi à la capacité susmentionnée.

Les processus Power-to-Gas (P2G) et Power-to-Liquid (P2L) cités par l'auteur de l'interpellation permettent de convertir le "surplus" d'électricité, provenant par exemple d'énergies renouvelables, en agents énergétiques liquides ou gazeux, et de le stocker ou de le transporter sous cette forme. Mais les processus correspondants sont en cours de recherche et de développement et ne sont pas encore rentables. Les processus P2G qui, comparativement aux processus P2L, renoncent à l'étape supplémentaire de liquéfaction, sont en ce moment au premier plan des discussions internationales.

Question 1 :

Les premières analyses de la branche montrent que pour la technologie P2G des modèles économiques sont à long terme envisageables en Suisse. Il ne faut cependant pas s'attendre au cours de la prochaine décennie à une utilisation à large échelle de la technologie P2G en Suisse. En effet, la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité sur notre territoire est encore trop faible. De plus, l'importation d'électricité excédentaire de l'étranger est limitée par les capacités disponibles des interconnexions. Concernant le stockage d'énergie proprement dit, l'étude "Le stockage de l'énergie en Suisse" (en allemand, consultable sous www.energiestrategie2050.ch > Studien zur Grosswasserkraft) de l'Office fédéral de l'énergie prévoit que le besoin en solutions de stockage d'énergie innovantes à grande échelle se fera sentir seulement à partir de 2035 ; la technologie P2G et les infrastructures gazières disponibles en Europe pourraient y contribuer. Le Conseil fédéral s'intéressera au futur développement, au potentiel et à l'importance de la technologie P2G dans le cadre du monitorage de la Stratégie énergétique 2050. En cas de besoin, il présentera au Parlement un rapport périodique sur les développements significatifs. Le Conseil fédéral estime qu'il n'y a pas lieu d'établir un rapport spécial et anticipé exclusivement pour la présente thématique.

Question 2 :

Compte tenu des grandes incertitudes, il n'est pas possible actuellement de déterminer quelle part occupera à l'avenir la technologie P2G dans les besoins énergétiques pour le chauffage et la mobilité.

Réponse du Conseil fédéral.

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