Des inconvénients majeurs pour les trains Eurocity de Zurich vers Bologne et Gênes. Ces liaisons internationales font-elles l'objet d'une discrimination ?
25.4830 · Interpellation · 2025-12-19
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
L’avis relatif à l’intervention est disponible
Wortlaut
Le Conseil fédéral est prié de bien vouloir répondre aux questions suivantes :
Sait-il que les temps de trajet sur la ligne ferroviaire Chiasso-Milan ont augmenté de 20 % au cours des 15 dernières années ?
Que pense-t-il du fait que les nouvelles liaisons ferroviaires Zurich-Bologne et Zurich-Gênes ne passent pas par la gare centrale de Milan et sont donc nettement moins attrayantes pour les voyageurs ?
Que pense-t-il du fait que les trains EC susmentionnés ont des temps de parcours nettement plus longs que les trains du transport grandes lignes à l’intérieur de l’Italie ?
Les trains Giruno des CFF, prévus pour le trafic international, ne sont autorisés à circuler en Italie que sur quelques lignes. Est-il possible d’obtenir une autorisation générale pour ce train en Italie afin d’accélérer les liaisons internationales depuis la Suisse ?
Le Conseil fédéral considère-t-il les inconvénients majeurs subis par les liaisons en provenance de Suisse comme des signes de discrimination ?
Voit-il des possibilités d’obtenir des améliorations dans un avenir proche pour ces importantes liaisons ferroviaires, dans le cadre d’un échange direct avec les autorités italiennes ?
Begründung
Conformément à sa stratégie, la Confédération, qui est propriétaire des CFF, attend de ces derniers qu’ils renforcent leur position sur le marché du transport international de voyageurs grandes lignes grâce à des coopérations. Dans le cadre de la mise en œuvre de cette stratégie, les CFF ont notamment créé deux nouvelles liaisons directes dans l’horaire 2026, l’une entre Zurich et Bologne, l’autre entre Zurich et Gênes. La CITraP Suisse a analysé ces nouvelles liaisons (lien). Elle indique qu’elles présentent de sérieux inconvénients et qu’elles ne sont guère attrayantes pour les voyageurs, car elles ne passent pas par la gare centrale de Milan, ce qui signifie que les passagers qui souhaitent changer de train à Milan n’utiliseront pas ces trains. Qui plus est, les temps de trajet sont nettement plus longs que ceux des trains du transport grandes lignes à l’intérieur de l’Italie pour les mêmes itinéraires. Par ailleurs, sur la ligne Chiasso-Milan, la durée du trajet des trains Eurocity en provenance de Suisse s’est considérablement allongée au cours des 15 dernières années. Par rapport à un trajet avec un train régional, le trajet en EC sur cette ligne dure jusqu’à 23 minutes de plus. Si, à l’avenir, le train Giruno était davantage utilisé pour les liaisons vers l’Italie, on pourrait vraisemblablement enregistrer des améliorations.
Stellungnahme des Bundesrates
Oui, le Conseil fédéral sait que les temps de parcours de l’Eurocity entre Chiasso et Milan ont augmenté de 8 minutes depuis 2010. Cela permet avant tout de garantir la stabilité de l’horaire. Idéalement, ces liaisons devraient passer par Milano Centrale, ou alors il faudrait réduire le temps de parcours en ne desservant pas la gare en tête de ligne de Milano Centrale. Ces deux options ne sont actuellement pas réalisables en raison des conditions infrastructurelles dans la région de Milan. Le Conseil fédéral est d’avis que pour les destinations Bologne et Gênes, passer par Milano Centrale importe moins que de pouvoir atteindre ces destinations sans changement. Il estime qu’il existe déjà une offre EC dense et très bonne vers Milano Centrale, qui a encore été densifiée avec l’horaire 2026. Les gares desservies, Milano Lambrate et Milano Rogoredo, offrent de bonnes correspondances avec les lignes de métro, qui permettent d’atteindre directement plusieurs destinations du centre-ville et de l’agglomération. En direction de Bologne-Florence, il faut emprunter la ligne existante jusqu’à nouvel ordre. Les temps de parcours sur cette ligne sont donc peu attrayants. Les CFF collaborent avec leur partenaire Trenitalia afin de mettre en place des liaisons directes plus rapides.
Les temps de parcours des trains EC dépendent des sillons disponibles en Italie. L’attrait de ces trains réside principalement dans la liaison directe depuis la Suisse. La liaison directe à destination de Gênes est en règle générale compétitive (sauf travaux) : son temps de parcours, de 5 heures 19 minutes, ne dépasse actuellement que de 8 minutes celui d’une liaison avec changement à Milano Centrale. À l’avenir, un nouveau gain de temps est attendu grâce à la mise en service du «Terzo valico», l’aménagement de l’infrastructure entre Tortona et Gênes. Le temps de parcours des trains dépend non seulement de l’homologation des trains Giruno des CFF en Italie, mais aussi des sillons disponibles. Actuellement, le Giruno est homologué en Italie pour une vitesse de 200 km/h. La procédure d’homologation pour une vitesse de 250 km/h est en cours pour les lignes en direction de Venise et de Gênes. Le Conseil fédéral ne voit ici aucun signe de discrimination, la situation actuelle étant compréhensible au vu des réponses susmentionnées. La Suisse est en contact régulier avec les autorités italiennes et aborde régulièrement la question de l’attrait des liaisons ferroviaires entre la Suisse et l’Italie. En 2023, le conseiller fédéral Albert Rösti et le ministre italien des transports Matteo Salvini ont signé une déclaration d’intention. D’ici à 2035, les deux pays souhaitent mettre en œuvre les projets nécessaires en transport de marchandises et de voyageurs afin de rendre l’offre plus attrayante.