preparatory:AB 136162
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2013-03-11
Wortprotokoll
La proposition de la majorité à l'alinéa 2bis a été décrite à plusieurs reprises comme ayant été à l'origine une proposition Recordon. Je pourrais en être honoré, mais toutefois je me rappelle la fable de La Fontaine qui dit que "tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute" et je pense que cela vaut bien une leçon d'humilité sans doute.
Ainsi donc ce n'est pas une proposition Recordon, mais une proposition de la claire majorité des membres de la commission que je défends. Je la défends en fait non seulement au nom de l'équité, mais aussi au nom des intérêts bien compris de notre pays. Nous sommes un acteur non négligeable du FMI; nous représentons divers pays dans les organes dirigeants depuis de nombreuses années; nous devons assumer cette responsabilité à l'égard des pays aidés.
Comme Madame Maury Pasquier l'a dit lors du débat d'entrée en matière, il est fréquent que les politiques du FMI n'aient pas que des effets positifs. Bien sûr, elles en ont. Elles permettent de contribuer fortement à la stabilisation financière, mais les effets de bord, ou effets secondaires pour parler comme les médecins, peuvent être assez rudes. Ne prenons qu'un exemple qui n'est pas lointain géographiquement. En Grèce, le programme de redressement - qui n'est d'ailleurs pas uniquement l'affaire du FMI, mais malgré tout aussi - a conduit à une augmentation du chômage absolument vertigineuse, puisque son taux a été multiplié par 3,5 et qu'il se trouve maintenant aux environs de 27 pour cent. La situation sociale des pays aidés, souvent de manière assez rude, s'en trouve assez déstabilisée. Je crains à vrai dire que les pays comme le nôtre, dont la situation est très prospère bien heureusement, soient assimilés à ceux qui veulent faire la leçon aux autres et leur imposer des résultats qui socialement sont inacceptables.
Face à cela, je pense qu'il serait d'extrêmement bon aloi que la Suisse prenne l'initiative de dire au FMI: "Certes nous devons continuer à amener les pays à redresser leurs finances publiques, mais, en parallèle, nous devons réfléchir aux mesure à prendre pour pallier le risque que les conditions mises par le FMI à l'octroi de son aide aboutissent à aggraver la situation sociale dans les pays récipiendaires."
De toute façon, la situation risque d'être relativement mauvaise, mais il faut qu'il y ait des politiques parallèles, que ce soit des politiques de relance ou des politiques d'accompagnement - ce n'est pas à nous de le dire -, mais je pense qu'il serait de très bon aloi que nous le fassions. Il est important que le Parlement le dise au Conseil fédéral, qui peut bien sûr le faire sans ça, mais comme beaucoup de choses qui vont de soi, elles vont toujours mieux lorsqu'elles sont dites explicitement.
C'est pour cela que je vous prie d'adopter la proposition de la majorité de votre commission et de rejeter celle de la minorité.