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preparatory:AB 307025

Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-09-21

Wortprotokoll

Ce que nous prépare le Conseil fédéral, et plus particulièrement les récentes ordonnances présentées par l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG), n'est pas acceptable. Nous devons le dire et nous y opposer! Il s'agit de la raison pour laquelle j'ai déposé cette motion urgente visant à assurer à notre pays un meilleur autoapprovisionnement, en augmentant la production indigène. D'autres collègues que vous avez entendus, MM. Dettling, Nicolet et Haab, ont exprimé, dans leurs motions, les mêmes préoccupations: il s'agit de renforcer la production de denrées alimentaires indigènes, en reportant le projet visant à transférer 3,5 pour cent des surfaces de terres ouvertes aux surfaces de biodiversité, ou encore de réduire notre dépendance aux importations. Au nom de mon groupe, je défends ma motion et celles de mes collègues et vous remercie surtout d'appuyer nos oppositions.

Les ordonnances que nous propose l'OFAG ne vont pas du tout dans la direction souhaitée par la profession et par les fournisseurs de denrées alimentaires de notre pays. Nous devons impérativement garder un minimum de production pour notre agriculture. Or, les nouvelles exigences de l'OFAG ont des incidences catastrophiques pour la production. Un exploitant qui produit du gruyère m'a dit ces derniers jours: "Que se passera-t-il si j'arrête ma production de lait et si je mets en jachère la moitié de ma surface? Eh bien je gagnerai 20[NB]000 francs de plus durant une année et j'aurai le temps de prendre un emploi temporaire." Voilà le résultat des nouvelles directives de l'OFAG. Ces décisions du Conseil fédéral mettent en danger des pans entiers de notre économie: les fromageries, des artisans qui vivent de l'agriculture. Nous allons simplement augmenter les importations des produits que nous ne produirons plus.

Comme si la crise que nous vivons depuis plusieurs mois ne suffisait pas à nous alerter, on achète à l'étranger, c'est plus simple.

Voyons les conséquences. Je doute fort des affirmations de notre Conseil fédéral lorsqu'il dit: "L'approvisionnement en denrées alimentaires de la population suisse est garanti pour le moment." Plus loin, dans sa réponse à ma motion, il est dit que "le Conseil fédéral estime que la situation actuelle de l'approvisionnement alimentaire ne nécessite pas une intervention de l'Etat dans la production agricole du pays". J'en doute. Mieux: je ne crois pas ces affirmations.

Mesdames et Messieurs, nos agriculteurs sont exaspérés, découragés, démotivés! Nous devons revenir à une exploitation raisonnable et arrêter d'enfoncer nos producteurs de nourriture.

Voilà pourquoi je vous demande de soutenir ma motion comme celles de mes collègues et du groupe UDC. Nous devons également reporter sans attendre le projet qui prévoit de consacrer environ 10[NB]000 hectares de terres ouvertes à des surfaces de biodiversité. Pareille biodiversité peut attendre, elle. L'alimentation en production indigène de notre population ne peut pas attendre. De même, nous devons combattre les décisions du Conseil fédéral, notamment l'obligation de réduire les pertes d'éléments fertilisants de 20 pour cent pour l'azote et le phosphore. Cela ne fera qu'accroître notre [PAGE 1607] dépendance à l'égard de l'étranger. Nous visons la sécurité de notre approvisionnement. Le Conseil fédéral, avec son Office fédéral de l'agriculture, fait fausse route. Il est temps de prendre le volant et de corriger la direction.

Je vous invite à soutenir ma motion 22.3577, pour le bien de notre économie, de notre sécurité et de notre population.