Lexipedia

13.3545 · Interpellation · 2013-06-20

Département des finances

Liquidé

Wortlaut

1. Le Conseil fédéral est-il prêt à examiner les circonstances de la participation de Thomas Jordan à la conférence de Bilderberg et à faire toute la lumière sur cette question ?

2. Le Conseil fédéral est-il aussi d'avis que le chef des autorités monétaires suisses n'a pas sa place dans une telle conférence ?

3. Si tel n'est pas le cas, comment justifie-t-il la participation de Monsieur Jordan à cette conférence ?

Begründung

Thomas Jordan figure sur la liste des participants à la conférence de Bilderberg 2013 en tant que représentant officiel de la Banque nationale suisse (BNS). Il y a donc participé en sa qualité de chef des autorités monétaires suisses.

Contrairement aux autres grandes conférences auxquelles la BNS prend part, la conférence de Bilderberg se caractérise par son manque total de transparence. En raison des conflits d'intérêt qui peuvent se poser, la participation à une telle conférence est particulièrement inopportune. La BNS a en effet pour mission de défendre les intérêts du petit État neutre qu'est la Suisse, et d'oeuvrer à la stabilité à long terme du franc suisse. Or le groupe de Bilderberg se distingue par son engagement en faveur de la mondialisation et d'une centralisation du pouvoir. Etienne Davignon, qui fut longtemps un membre éminent du groupe, avait ainsi clamé haut et fort que les réseaux du groupe Bilderberg avaient permis dans une large mesure la mise en place de l'Union européenne et la création de l'euro. Le représentant le plus haut placé de la BNS doit cependant servir en premier lieu les intérêts du peuple suisse, qui attend de lui une politique monétaire autonome, et refuser de lier le sort du franc suisse à une monnaie européenne qui subit crise sur crise.

Stellungnahme des Bundesrates

Pour remplir ses obligations légales, la Banque nationale suisse (BNS) entretient un grand nombre de contacts internationaux avec des représentants du secteur public et de l'économie. Ces contacts lui permettent d'obtenir des informations de première main sur la situation économique actuelle ainsi que sur les conditions-cadres du développement économique. De telles rencontres avec les leaders d'opinion internationaux peuvent donc être qualifiées de judicieuses et utiles. La conférence de Bilderberg est essentiellement un dialogue portant sur des thèmes actuels. Aucune décision n'y est prise. Le Conseil fédéral ne voit donc aucune raison de demander des clarifications supplémentaires ou d'adresser des recommandations à la BNS.

Réponse du Conseil fédéral.