Hêche Claude · Ständerat · 2010-06-07
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-06-07
Wortprotokoll
Pour illustrer mes propos - nous sommes à quelques jours du début du "Mundial" -, imaginez donc que la Suisse ait formé des footballeurs étrangers durant des années et qu'elle les retrouve dans l'équipe adverse en finale de la Coupe du monde. En ce qui concerne la finale, c'est un rêve, je vous l'accorde, mais en ce qui concerne les joueurs formés en Suisse et qui jouent dans l'équipe adverse, cela pourrait arriver. Les joueurs qui ont la double nationalité peuvent en effet choisir leur équipe nationale jusqu'à l'âge de 21 ans.
Eh bien, pour les futurs ingénieurs et les futurs médecins, par exemple ceux qui viennent de pays non membres de l'Union européenne et non membres de l'AELE et qui étudient durant de longues années dans nos universités ou dans nos écoles polytechniques fédérales, c'est encore pire: c'est la Suisse elle-même qui les oblige à partir s'ils n'ont pas trouvé d'emploi deux semaines après la fin de leurs études.
Du coup, au lendemain des examens finaux, il reste peu de temps pour répondre à une offre, se présenter, attendre la réponse et remplir les formalités d'usage. C'est tout simplement ce qu'on peut appeler "mettre des bâtons dans les roues". Pour rester dans le vocabulaire footballistique, c'est se mettre un autogoal! En effet, l'étudiant en question sera sans aucun doute convoité par une équipe de même niveau, à savoir, dans le cas des étudiants des hautes écoles, par des pays comme les Etats-Unis et non pas par des pays en voie de développement d'où ils viennent peut-être. C'est dire que notre pays fournit en quelque sorte à l'équipe adverse le contingent qui battra sa propre équipe au prochain match.
Certains ont invoqué un argument, celui de permettre aux pays d'origine de ces étudiants de profiter de leur savoir. Cet argument ne tient, je dirai malheureusement, pas car il y a peu de chance qu'ils y retournent. Et s'ils viennent du Japon ou du Brésil, ils constitueront à leur retour dans leur pays une concurrence directe pour notre pays.
De plus, je voudrais souligner qu'il faut également prendre en compte la haute qualité de la formation dispensée aux diplômés étrangers, ce qui permet à notre économie de profiter de leurs connaissances et ce qui favorise également la création d'emplois.
Je vous invite donc à soutenir la proposition que j'appellerai de minorité améliorée, c'est-à-dire la proposition Gutzwiller.