Langenberger Christiane · Ständerat · 2001-03-07
Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-03-07
Wortprotokoll
Monsieur le Conseiller fédéral, je vous remercie de votre réponse, mais il est rare ici, dans cet hémicycle, que nous ayons l'occasion de parler des problèmes israélo-palestiniens. De ce fait, il me paraît nécessaire d'utiliser cet hémicycle pour revenir sur quelques points de votre réponse, qui me satisfait d'ailleurs pour l'essentiel. Néanmoins, je rappellerai que la Suisse est dépositaire de la quatrième Convention de Genève, qu'elle participe à l'organisation de conférences internationales [PAGE 46] concernant notamment le respect des droits de l'homme, mais aussi les questions d'occupation du territoire israélo-palestinien.
Nous sommes également actifs sur le territoire même de la Palestine par des activités concrètes, notamment dans le domaine de l'aide juridique, des conseils juridiques, de la création d'écoles, de la formation dans le domaine de la démocratie. Nous sommes présents également avec des observateurs sur place, à Hébron, qui sont censés éviter la recrudescence de la violence dans ce territoire. Je rappelle toutefois que toutes les ONG souhaiteraient que cette mission soit étendue de manière à ce qu'on puisse étouffer à la naissance même les problèmes de la violence actuelle.
Vous dites dans votre réponse, Monsieur le Conseiller fédéral, qu'à la fois les partenaires, mais aussi l'ONU, refusent dans l'état actuel des choses d'envoyer une mission sur place ou d'étendre cette mission. Et vous vous référez au fait que, dans le cadre de la mission de paix d'Oslo, on a dit qu'il ne fallait pas interférer tant qu'il y avait volonté de dialogue et essai de promouvoir la paix dans cette région-là. Mais cette paix n'existe pas! Nous voyons aussi que, sur place, le gouvernement israélien est pris dans les feux de crises internes, que toute la situation est en train d'exploser. Nous avons très peur de cette explosion, et nous aimerions être sur place, avec des observateurs susceptibles d'aider à dédramatiser une situation qui semble compromise.
Dans votre réponse, vous dites que vous êtes attentif à la situation. Il me semble que, précisément, en tant que détenteur de cette mission, la Suisse pourrait se montrer plus offensive et faire des propositions concrètes, en ayant des observateurs sur place.
Vous dites également que le travail des observateurs présents à Hébron est apprécié, qu'on apprécie cette présence susceptible de dédramatiser la situation et de limiter le potentiel d'explosion du conflit. Néanmoins, vous dites que la définition du mandat n'est pas précise et que là, il y aurait matière à agir. Est-ce que la Suisse ne pourrait pas se montrer plus offensive, par le biais de propositions concrètes concernant la définition de ce mandat?
Enfin, j'ai pris connaissance d'un article de presse dans la "Weltwoche" du 8 février qui évoque nos relations technologiques, militaires et aussi d'exportation d'armes avec Israël. Je sais que c'est très limité. Néanmoins, la situation s'est probablement aggravée depuis nos dernières tractations et notre présence en Israël. Je souhaiterais, pour ma part, qu'aussi bien votre département que le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports se reposent la question de cette collaboration avec Israël, qui pourrait éventuellement poser des questions dans le cadre du respect de notre neutralité et aussi de notre volonté de participer plus efficacement sur place, en Palestine et également en Israël, à la promotion de la paix. Cette situation nous met en porte-à-faux avec notre position de dépositaire de la quatrième convention. Je vous remercie d'apporter ce complément d'information.