preparatory:AB 115145
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2010-12-15
Wortprotokoll
Vous voudrez bien m'excuser de décliner d'abord mes intérêts: je suis président de Romédco, l'Association romande pour le développement et l'intégration des médecines complémentaires. A ce titre autant qu'à celui de membre de notre conseil, je dois dire que je ne peux guère que me joindre au sévère réquisitoire de Monsieur Kuprecht.
Dans cette affaire, il y a lieu d'être extrêmement déçu du manque de sérieux avec lequel a travaillé la commission qui s'est penchée sur l'admission des médecines complémentaires au remboursement par l'assurance obligatoire des soins. Il est extrêmement regrettable aussi d'opposer - mais c'est probablement un des travers les plus fréquents du monde universitaire - ce qui se fait dans la pratique courante et ce qui se fait dans les universités. La "Schulmedizin" peut parfois avoir de la peine à reconnaître la valeur des travaux des praticiens sur le terrain, et cela doit pouvoir être dépassé.
Cela tend à l'être en Suisse romande, je me plais à le souligner. Le Centre hospitalier universitaire vaudois aussi bien que les facultés de biologie et de médecine de l'Université de Lausanne ont entrepris une approche véritablement scientifique et académique rigoureuse de la question des médecines complémentaires, et cela porte ses fruits. On dépasse ainsi cette méfiance innée et à vrai dire peu argumentée qui va à l'encontre des médecines complémentaires, parce qu'on les soumet aux exigences de ce qu'on appelle en bon français l'"evidence-based medicine", c'est-à-dire au fond une phénoménologie rigoureuse qui ne peut pas toujours déboucher sur une étiologie, mais cela est absolument classique en médecine.
On se plairait à ce que la commission fédérale qui est ici à juste titre clouée au pilori ait elle aussi une approche scientifique. Il serait souhaitable que, par exemple, elle examine enfin les nombreux travaux scientifiques publiés notamment dans le monde anglo-saxon, dans les pays scandinaves. Les chercheurs se sont en effet penchés sur l'efficience et la validité des méthodes des médecines complémentaires. Si la commission l'avait fait, je ne doute pas qu'elle serait arrivée à des conclusions moins fantaisistes et moins critiquables que ce qui a été le cas; ce qui fait que, dans cette affaire, les charlatans ne sont pas ceux que l'on croit.