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preparatory:AB 115721

Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2010-12-15

Wortprotokoll

Monsieur le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Monsieur le président du Conseil des Etats, Madame la présidente de la Confédération, Madame la vice-présidente du Conseil fédéral, Madame la chancelière de la Confédération, Mesdames et Messieurs les membres de l'Assemblée fédérale, la Suisse est extrêmement fière de présider la 65e session de l'Assemblée générale de l'ONU! De ce fait, et bien que nouvelle venue au sein de l'enceinte internationale, elle y occupe une position clé durant une année. Mais cet honneur est assorti d'un défi: la présidence suisse doit lancer une réforme en profondeur de cette institution vénérable, née au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.

Cher Joseph Deiss, la Suisse vous est redevable de cet insigne honneur. A travers cette petite cérémonie en marge de la session d'hiver, les membres du Parlement fédéral vous expriment leur reconnaissance et celle des citoyennes et des citoyens suisses qu'ils représentent.

En vous élisant, les Etats d'Europe occidentale ainsi que les Etats-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Turquie et Israël ont reconnu la qualité de votre candidature. Ils ont certainement voulu rendre hommage à l'un des artisans de l'entrée de la Suisse à l'ONU en lui confiant une mission stratégique pour la paix et la sécurité du monde. Peut-être avaient-ils encore en mémoire votre déclaration du 13 septembre 2002, devant l'Assemblée générale à New York. Vous aviez alors expliqué qu'à travers son oui, le corps électoral helvétique demandait à la Suisse de renforcer son engagement et sa prise de responsabilités au plan international.

Votre élection souligne la forte convergence entre la politique extérieure de la Suisse, qui promeut un ordre mondial démocratique et pacifique, et la mission fondamentale de l'Organisation des Nations Unies. Votre présidence met en évidence la vocation de bons offices de la Suisse et son rôle dans la diplomatie internationale. Même le statut de neutralité de notre pays se trouve revalorisé par votre mandat.

Le président de l'Assemblée générale est à la fois l'acteur le plus visible et le premier serviteur de l'Organisation des Nations Unies. Le premier citoyen du monde doit mettre au second plan le pays et le groupe géographique qu'il représente. C'est ainsi qu'il peut faciliter le dialogue entre parties divergentes; c'est ainsi qu'il peut jeter des ponts entre les nations. Et qui, mieux qu'un Fribourgeois, peut accomplir cette importante mission de bâtisseur de ponts?

Durant votre présidence, il vous revient en particulier d'établir l'ordre du jour de la 65e session en collaboration avec 21 vice-présidents! Cette tâche apparemment formelle est extrêmement délicate. Votre mandat requiert une vision claire des acteurs mondiaux, étatiques et privés, des relations qu'ils entretiennent, de leurs rapports de force et de leurs alliances. Monsieur le président, c'est bel et bien votre extraordinaire expérience des échanges multilatéraux qui vous a valu d'accéder au perchoir du monde.

Cette soif de comprendre le monde, vous l'avez d'abord assouvie en accomplissant une carrière universitaire et professorale tout simplement vertigineuse. Puis vous avez répondu à l'appel de la politique active. De la commune de Barberêche, dont vous avez été le syndic aimé et respecté, vous avez pris de la hauteur en même temps que vous preniez les rênes du Grand Conseil fribourgeois. Comme la Sarine, vous vous êtes jeté dans l'Aar pour atteindre l'autre Cité des Zähringen et vous avez levé les yeux vers la Coupole fédérale. Le professeur d'économie est devenu conseiller national; il devient en 1999 le troisième conseiller fédéral fribourgeois et le meilleur ambassadeur alémanique de la Romandie - à moins que ce ne soit le contraire - au sein du collège gouvernemental.

Cette carrière impressionnante n'est pas le fruit de savants calculs, mais personne ne vous déniera un sixième sens pour les circonstances favorables. Est-il machiavélique de pouvoir lire les signes des temps et de savoir à quel moment jouer son atout? Non, c'est plutôt la marque des grands esprits que de garder un peu de la rouerie originelle. Grâce à des qualités personnelles hors du commun et à vos yeux d'Argus posés sur la planète Terre, vous êtes entré dans l'histoire mondiale, et la Suisse à votre suite. Soyez-en sincèrement félicité et remercié. (Applaudissements)

[VS]

Deiss Joseph, président de la 65e session de l'Assemblée générale des Nations Unies: La grandeur de la Suisse se mesure à son autorité morale. Monsieur le président de l'Assemblée fédérale, Monsieur le président du Conseil des Etats, Madame la présidente de la Confédération, Madame la vice-présidente du Conseil fédéral, Madame la chancelière de la Confédération, Mesdames et Messieurs les députés, "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits"; "La dignité humaine doit être respectée et protégée"; "Tous les êtres humains sont égaux devant la loi"; "Tout être humain a droit à la liberté personnelle": vous aurez sans aucun doute reconnu l'article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme et les articles 7, 8 et 10 de notre Constitution fédérale. Ce sont les mêmes mots, ce sont les mêmes valeurs. Nous tenons là l'une des nombreuses démonstrations de l'harmonie entre les valeurs proclamées par l'Organisation des Nations Unies et les principes de notre Etat. Notre engagement de longue date pour l'ONU, son accueil sur notre sol, à Genève, le fait de lui fournir le travail et l'expertise de nombreux compatriotes, de contribuer à son budget et, depuis huit ans, notre participation pleine et entière en tant qu'Etat membre, sont l'aboutissement logique de cette communauté d'intérêts. Je vois aussi mon élection à la présidence de l'Assemblée générale comme une reconnaissance par la communauté internationale de l'apport de la Suisse à l'ONU et je salue l'audace de notre gouvernement d'avoir pris l'initiative d'une candidature suisse à cette fonction.

En ce début de XXIe siècle, face aux bouleversements de l'ordre mondial en cours, tant l'ONU que la Suisse s'interrogent sur leur rôle dans le monde. Je suis bien sûr heureux et honoré de l'occasion qui m'est offerte de partager avec vous les réflexions que ce sujet m'inspire, presque cent jours après avoir pris mes fonctions de président de l'Assemblée générale.

"Die Welt ist flach", erklärt uns Thomas L. Friedman, und laut Kofi Annan haben die Probleme keinen Pass mehr. Heute geht alles schneller, alles ist näher, alles ist interdependenter. Wir sind mit neuen weltweiten Herausforderungen konfrontiert, die zum Krieg und zur Armut hinzugekommen sind: Klimawandel, Wirtschafts- und Finanzkrise, Migration, Pandemien, globaler Terrorismus und die unterschiedlichsten Arten von Extremismus. Vor diesen Herausforderungen stehen alle Länder und alle Bürgerinnen und Bürger, ob sie nun für diese Probleme verantwortlich sind oder nicht und ob sie es wollen oder nicht. Kein Land kann [PAGE 2195] diese Probleme allein lösen, und daher bedarf es gemeinsamer und rascher Taten. Dies wiederum erfordert ein effizientes und umfassendes System der globalen Gouvernanz, das heisst der gemeinsamen weltweiten Beschlussfassung unter souveränen Staaten. In den letzten Jahren sind neue politische und wirtschaftliche Mächte hervorgetreten, und es haben sich neue Märkte entwickelt. Die jüngste Wirtschafts- und Finanzkrise zeigt, dass diese sogenannten Schwellenmärkte die Krise besser gemeistert haben als viele der weiter entwickelten Wirtschaften der Industrieländer. Diese neue Realität muss auch im System der globalen Gouvernanz Ausdruck finden.

Vor dem Hintergrund dieser neuen Weltordnung werden die traditionellen multilateralen Einrichtungen wie etwa die Uno und die Bretton-Woods-Institutionen kritisiert. Ihre Repräsentativität und ihre Effizienz werden infrage gestellt. Es scheint schneller und einfacher, Beschlüsse in kleineren Gremien zu fassen. Es gibt heute also neue Akteure wie beispielsweise die G-20 und andere informelle Ad-hoc-Gruppierungen, und die nichtstaatlichen Akteure aus der Privatwirtschaft und der Zivilgesellschaft spielen ebenfalls eine zunehmende Rolle. Diese neuen Akteure sind ganz ohne Zweifel von Nutzen, das hat die rasche und koordinierte Reaktion der G-20 auf die Wirtschafts- und Finanzkrise deutlich gemacht. Es stellt sich indessen die Frage nach ihrer Repräsentativität und vor allem nach ihrer Legitimität.

Welchen Stellenwert hat die Uno in diesem Zusammenhang? Soll man sie ins Abseits driften lassen? Oder sind Reformen erforderlich? Wenn ja, welche? Meiner Ansicht nach kommt der Uno in der globalen Gouvernanz eine Schlüsselrolle zu. Zunächst einmal bin ich überzeugt vom Wert der Uno und ihrem immensen Beitrag zur Förderung des Friedens, der Sicherheit und des Wohlstands der ganzen Welt. Selbstverständlich gibt es immer den einen oder anderen Skeptiker, der unter Verweis auf diesen oder jenen Konflikt behauptet, die Uno sei nutzlos. Aber seien wir doch ehrlich: Was wäre die Welt nach 1945 geworden? Wäre sie zum gleichen Wohlstand gelangt, wenn es die Uno nicht gegeben hätte? "Heute sind die meisten Menschen gesünder, leben länger, sind gebildeter und haben mehr Zugang zu Gütern und Dienstleistungen." Diese Feststellung stammt nicht von mir, sondern aus dem jüngsten "Bericht über die menschliche Entwicklung". Im Jahr 2008 z. B. war die Anzahl der Menschen, die in zwischenstaatlichen Konflikten ums Leben kamen, niedriger als je zuvor.

Die Uno trägt ganz eindeutig zur Stärkung des Völkerrechts und damit zur Erhaltung des Weltfriedens bei. Ein entscheidender Schritt war schon 1948 die Verabschiedung der Allgemeinen Erklärung der Menschenrechte durch die Generalversammlung. Ein weiterer Fortschritt war die am Gipfel von 2005 erfolgte Annahme der "Verpflichtung, Schutz zu gewähren". Diese muss in der Realität aber noch zum Tragen kommen. Auch die Lancierung der Millenniums-Entwicklungsziele, die im Jahr 2000 von der Generalversammlung beschlossen wurden, zeigt, dass die Uno eine höchst wichtige Rolle spielt. Die Millenniums-Entwicklungsziele sind das umfangreichste Programm, das zur Bekämpfung der Armut jemals beschlossen wurde. Es ist Ausdruck des gemeinsamen Willens der 192 Mitgliedstaaten. Im September dieses Jahres versammelten sich mehr als hundert Staats- und Regierungschefs in New York, um die Fortschritte und die Verzögerungen bei der Verwirklichung dieser Ziele zu evaluieren. Es bleibt noch vieles zu tun, doch die internationale Gemeinschaft hat klar zum Ausdruck gebracht, dass sie entschlossen ist, ihre Bemühungen zu intensivieren, damit wir 2015 sagen können, dass wir unser Versprechen, die extreme Armut zu beseitigen, eingelöst haben.

Durch unsere Solidarität legen wir den Grundstein für mehr Wohlstand, mehr Frieden und mehr Sicherheit auf dieser Welt, und das ist ja auch in unserem eigenen Interesse. Nun wird es darum gehen, den Worten Taten folgen zu lassen. Vor allem muss dafür gesorgt werden, dass die eingegangenen Verpflichtungen und Versprechen zur Finanzierung der Entwicklungszusammenarbeit eingehalten werden. Diesbezüglich habe ich Ihre Beratungen mitverfolgt. Die letzte Woche getroffenen Beschlüsse stimmen mich zuversichtlich. Sie sind verheissungsvoll für Ihre zukünftigen Debatten und Beratungen zur Schweizer Entwicklungszusammenarbeit und werden auch nach aussen Vorbildcharakter haben.

So hat die Uno dazu beigetragen, dass die Welt der Nachkriegszeit seit 1945 zu dem wurde, was sie heute ist.

Et que dire de l'avenir? L'ordre mondial, nous le savons, est en mutation, mais les valeurs que l'ONU s'est données aux origines sont intemporelles et universelles. Ses principes et ses objectifs sont les plus nobles: le maintien de la paix, de la sécurité et de la prospérité, et ceci en promouvant la coopération internationale et l'amitié - l'amitié - entre les peuples. Les réponses que nous donnons aux défis du moment doivent être fondées sur un large consensus, jouir d'une grande légitimité et être issues de processus inclusifs. Je suis convaincu que l'ONU et son Assemblée générale ont un rôle central à jouer pour la recherche de solutions qui satisfassent le bien commun. L'ONU possède une légitimité unique pour pouvoir le faire, de par le nombre de ses Etats membres - elle atteint la quasi-universalité -, ainsi qu'une expertise et une présence uniques sur le terrain.

Afin d'attirer sur la gouvernance globale l'attention nécessaire, j'ai proposé, usant de ma prérogative en tant que président de l'Assemblée générale, de prendre pour thème du débat général de l'assemblée, qui a eu lieu à New York au mois de septembre dernier, "la réaffirmation du rôle central de l'ONU dans la gouvernance globale". L'écho rencontré - un nombre considérable de chefs d'Etat et de gouvernement ont parlé de la gouvernance dans leurs interventions - montre qu'il s'agit effectivement d'une préoccupation majeure à l'heure actuelle. Il est clairement apparu que l'ONU était le forum central de la gouvernance globale, mais que des réformes urgentes étaient nécessaires pour que l'organisation soit en mesure de remplir ce rôle.

Ces réformes concernent d'abord l'organisation elle-même. Il faut s'attaquer résolument à la revitalisation de l'Assemblée générale - revoir par exemple ses méthodes de travail pour la rendre plus efficace. Il faut aussi que les négociations sur la réforme du Conseil de sécurité démarrent véritablement, de façon notamment à ce que celui-ci reflète mieux les nouveaux équilibres mondiaux. Il faut encore achever le réexamen du travail du Conseil des droits de l'homme. Les réformes concernent ensuite les relations de l'ONU avec les autres acteurs de la gouvernance globale. Il faut s'assurer que des mécanismes appropriés existent pour la communication, la consultation et la coopération entre l'ONU et ces acteurs.

Comme première mesure concrète dans le contexte du récent sommet du G-20 à Séoul, j'ai organisé des débats informels de l'Assemblée générale avant et après le sommet. L'objectif était d'offrir un cadre, institutionnalisé, à tous les Etats membres, qu'ils aient été invités à participer au sommet de Séoul ou non, pour être informés par le pays hôte et aussi par notre secrétaire général sur l'agenda du G-20 et pour en discuter les résultats. Les discussions ont été constructives, et de nombreux pays ont participé au débat. A cet égard, je me réjouis que l'initiative d'une centaine d'Etats membres ait conduit l'Assemblée générale à adopter la semaine passée, par consensus, une résolution sur l'ONU et la gouvernance. Ce sera une base pour continuer les discussions au-delà de cette session.

Etablir des ponts avec les autres acteurs majeurs de la gouvernance globale, s'assurer qu'ils rendent des comptes et que leurs propositions acquièrent davantage de légitimité en donnant la possibilité aux Etats n'ayant pas participé aux premières étapes de la prise de décision de s'exprimer, c'est ce rôle charnière que doivent jouer l'ONU et son Assemblée générale.

Sans les cantons, nous le savons, la Suisse n'existe pas. Il en va de même pour l'ONU: sans les Etats membres, l'ONU n'existe pas. L'ONU n'est donc forte que par la volonté de ses Etats membres d'en faire un instrument puissant de la gouvernance globale. Les Etats membres doivent prendre leurs responsabilités et adopter rapidement les réformes que je viens de mentionner. C'est ainsi seulement que l'on [PAGE 2196] aura un système de gouvernance globale qui organise à l'échelle mondiale la prise de décision par des Etats souverains, qui gardent leurs institutions nationales, et qui articule au mieux les exigences d'efficacité, de représentativité et de légitimité. C'est de ce système de gouvernance-là qu'un pays comme le nôtre a besoin - un système multilatéral qui lui assure un cadre institutionnel formel, dans lequel sa voix puisse être entendue et compte autant que celle des pays plus puissants -, et non pas d'un système arbitraire où la participation à la discussion dépend du bon vouloir du pays hôte. Ce n'est pas digne d'un pays souverain.

Cela m'amène à faire quelques réflexions sur la place de la Suisse à l'ONU et sur la réponse que nous donnons aux grands questionnements du moment. Disons-le d'emblée, la Suisse possède à travers le monde et dans les travées de l'ONU - sur les bords de l'East River - un crédit impressionnant. Cela tient, sans aucun doute, à l'acte volontaire qu'a constitué, en 2002, le référendum sur le principe de notre adhésion. La Suisse est venue à l'ONU avec sa neutralité, et forte de la conviction exprimée par son peuple et par ses cantons. Je ne connais pas d'autre exemple d'adhésion à l'ONU qui ait été préparée et acquise par un tel processus réfléchi et démocratique. Le prestige dont jouit notre pays à l'ONU ne tient ni à sa richesse ni à sa puissance économique: il vient de la valeur morale de notre message, de notre engagement pour le multilatéralisme et de la solidité de nos institutions.

Ce sont trois Suisses qui emmènent la longue liste des Prix Nobel de la paix; Genève est le siège de nombreuses institutions onusiennes; le CICR et les Conventions de Genève sont souvent le dernier recours pour les plus vulnérables. La Suisse peut se considérer comme un maillon solide et apprécié de la communauté internationale, en accord avec l'article 2 alinéa 4 de notre Constitution: "La Confédération suisse s'engage ... en faveur d'un ordre international juste et pacifique."

Mais l'autorité morale ne s'acquiert pas une fois pour toutes. La vertu ne nous met pas à l'abri des critiques. Les qualités de générosité, de liberté, de démocratie, de justice et de paix doivent être prouvées à nouveau jour après jour. L'engagement en faveur des causes nobles a de tout temps été mesuré à l'aune de la crédibilité de l'action. La promotion de ces valeurs fondamentales, je l'ai vécue profondément dans les différentes étapes de ma carrière politique, que ce soit en tant que parlementaire lors de la révision totale de notre Constitution fédérale, que ce soit en tant que conseiller fédéral en charge de nos relations internationales, que ce soit, enfin, aujourd'hui en tant que président de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Cette expérience m'inspire, ce matin, trois conclusions que j'aimerais vous confier.

Premièrement, la défense des valeurs fondamentales ne souffre pas d'exceptions. De tout temps, la Suisse s'est érigée en championne des libertés et des droits fondamentaux, de la solidarité et de la générosité. Il est intolérable que par égoïsme ou par opportunisme électoraliste nous y touchions! Les valeurs fondamentales inscrites dans la Déclaration universelle des droits de l'homme ou dans notre Constitution valent pour tous. Y porter atteinte lorsqu'il s'agit des "autres" revient à les remettre en cause pour nous-mêmes. Ou, pour reprendre les mots d'Etienne Pinte, parlementaire de la droite française: "Quand le droit des étrangers devient un droit d'exception, c'est le droit tout court qui régresse."

Deuxièmement, un peuple est souverain dans la mesure où il participe pleinement à la vie de la communauté internationale. Quelle Suisse est la plus souveraine? Celle qui est absente, celle qui, au mieux, est observatrice, même permanente? Ou plutôt celle qui, en accord avec le préambule de notre Constitution - "seul est libre qui use de sa liberté" - est présente, exprime une opinion et participe aux décisions de la communauté internationale? L'absentéisme est la solution la plus pernicieuse pour une nation. Face à l'histoire, les absents ont toujours tort, et un pays qui se gouverne par le repli sur soi ou à coups de moratoires renonce - "souverainement", certes - à façonner son propre destin.

Troisièmement, la force d'un peuple est dans sa capacité à épouser les grands desseins. Dans le débat mondial, la Suisse et ses institutions sont reconnues comme exemplaires. On ne cesse de me féliciter d'avoir fait référence, dans mon discours inaugural, à notre principe constitutionnel selon lequel "la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres". Mais nous devons rester à la hauteur de ce principe, nous devons rester fidèles à nos valeurs, nous n'en serons que plus crédibles. Nous devons avoir le courage de parler de questions difficiles, dans la dignité, sans nous disperser au profit des populismes. Nous devons avoir la force d'apporter les réponses qui respectent les valeurs fondamentales, les seules qui soient valables dans le long terme et dignes de l'exemple que la communauté internationale veut voir en nous.

Je suis fier d'être le porteur du message de la Suisse à New York. Je sais que la force de nos ancêtres était leur vertu; leur grandeur était l'autorité morale que leur conférait leur action. Nous voulons en être les justes successeurs. La Suisse n'est pas un petit pays, mais sa grandeur doit être morale. (Standing ovation)

[VS]