Maire Jacques-André · Nationalrat · 2011-02-28
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-02-28
Wortprotokoll
Comme vous avez pu le lire dans le développement de ma motion, elle a été déposée à l'époque des conséquences de l'éruption du fameux volcan islandais qui avait paralysé le trafic aérien en mars/avril 2010. Pour la petite histoire, nous avons été bloqués avec un groupe de 23 adolescents âgés de 13 à 17 ans; deux éducatrices qui accompagnaient le groupe avaient des enfants en bas âge restés en Suisse. Nous avons été bloqués une bonne semaine au Bénin, mais on nous annonçait tout d'abord que nous serions bloqués au moins trois semaines. Inutile de vous décrire l'état d'anxiété du groupe, des parents restés en Suisse, etc.
Ce qui est important, ce n'est pas tellement la petite histoire qui a incité à se poser ces questions, mais plutôt le fait de se rendre compte à cette occasion combien les organes consulaires se sont montrés peu efficaces dans le soutien que nous aurions pu espérer d'eux. Nous ne demandions bien évidemment pas d'affréter un avion spécial depuis la Suisse, qui n'aurait d'ailleurs pas pu décoller ni même atterrir. Il ne s'agissait pas de cela, mais simplement d'une assistance dans les démarches faites sur place au Bénin, pour nous éviter de ne faire pas moins de quatre heures de déplacement chaque jour pour aller faire la queue à un bureau de la compagnie aérienne pour essayer d'obtenir au compte-gouttes quelques billets, alors que le bureau du consulat se trouvait à dix minutes de l'agence en question.
Tout cela, non, nous n'avons pas pu l'obtenir, même avec un groupe de 23 adolescents. Nous n'étions pas en danger de mort, c'est bien évident, mais nous aurions pu, me semble-t-il, espérer une intervention auprès des compagnies aériennes, ce que d'ailleurs les ambassades d'autres pays ont très bien su faire. Inutile de vous dire la frustration que nous éprouvions chaque jour lorsque les Français, qui allaient à la même agence, nous disaient qu'ils avaient reçu un billet pour le premier avion qui décollerait, parce que l'ambassade de leur pays était intervenue. Eh bien! cela, non! l'organe consulaire a été incapable de le faire, parce que - je crois qu'il faut le dire - les moyens financiers alloués à ces consulats sont très faibles, nous en avons pris conscience.
Mis à part les moyens financiers, nous pouvons aussi reprocher au consulat son attitude. Nous étions à la veille du week-end: on nous a fait comprendre que de toute façon cela ne servait à plus rien d'intervenir avant le lundi matin. D'autre part, le responsable de la section qui était lui à Berne n'était pas joignable parce qu'il était en vacances. Dans ces périodes-là, il me semble que quelque chose pourrait quand même être fait pour augmenter l'efficacité. Voilà le sens de cette motion, parce que notre témoignage a rejoint plusieurs témoignages reçus à cette époque-là au sujet du manque d'assistance ressenti dans d'autres pays. Je répète qu'il ne s'agit pas d'une assistance matérielle - beaucoup trop coûteuse, nous en sommes conscients -, mais d'une assistance simplement dans les démarches à entreprendre.
Alors le Conseil fédéral nous dit dans sa réponse que c'est une question de subsidiarité ou de responsabilité individuelle. Lorsque nous nous occupons d'un groupe de plusieurs enfants, nous estimons que la responsabilité individuelle a des limites et que nous aurions pu espérer un soutien plus efficace, je le répète, et plus rapide. Ce que nous demandions, c'était une intervention dans ce sens auprès des organes consulaires. Nous sommes déçus que cela soit, semble-t-il, impossible pour le Conseil fédéral.
Donc nous vous invitons à accepter cette motion pour que la pression soit maintenue.