Burkhalter Didier · Bundesrat · 2011-03-03
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2011-03-03
Wortprotokoll
C'est un fait: la Suisse ne forme pas assez de médecins. La Suisse doit former davantage de médecins, et je dis clairement "la Suisse", parce qu'en effet, ce n'est pas une problématique de la seule Confédération. Le nombre de médecins formés chaque année se situe actuellement autour de 700; nous devons viser l'objectif d'en former 1200 à 1300, ce qui nous demandera un gros effort. Les jeunes sont très intéressés par cette formation. Il y a beaucoup d'intéressés et il est vrai, Monsieur Neirynck, que dans plusieurs universités suisses il y a un numerus clausus. Je ne sais pas exactement quelle est votre idée en la matière, mais j'aimerais quand même dire que le numerus clausus, en lui-même, permet de faire en sorte que la plupart des étudiants qui commencent des études de médecine les terminent également. Le problème n'est pas tant le principe, mais plutôt le niveau qui est lié à ce numerus clausus. Nous devons faire en sorte d'avoir les meilleurs étudiants, évidemment, mais d'en avoir suffisamment.
Nous ne devons pas rester dépendants du personnel qui vient de l'étranger, pour deux raisons: premièrement, pour notre sécurité, car il peut y avoir des changements très rapides dans le sens où, lorsque les conditions de travail s'améliorent dans un pays, le flux de forces de travail issues de ce pays peut se tarir tout à coup; deuxièmement, en raison de notre responsabilité, parce que les migrations excessives du personnel de santé mettent en cause la solidité du système de santé dans le monde et dans toute une série de pays qui voient partir des compétences alors qu'elles sont terriblement nécessaires sur place. Je me souviens d'avoir lu dans une statistique que l'un des pays qui a le plus d'exportations - en quelque sorte - de ses compétences est Haïti, et Dieu sait que l'on a besoin de compétences en soins et de compétences médicales dans ce pays!
Le Conseil fédéral a entrepris ou va entreprendre toute une série de démarches.
Premièrement, dans le cadre de ses compétences, il a recommandé aux cantons universitaires de créer davantage de places d'études en médecine humaine. De fait, entre 2000 et 2010, les cantons ont déjà augmenté de 15 pour cent leurs capacités dans ce domaine. C'est insuffisant, mais il y a tout de même eu une augmentation.
Deuxièmement, et c'est la mise en oeuvre d'une motion Fehr Jacqueline, le Conseil fédéral rendra au printemps 2011 un rapport qui constituera une base solide pour la planification des besoins en matière de formation des médecins.
Troisièmement, pour favoriser le développement de solutions impliquant tous les partenaires concernés, le Conseil fédéral a lancé, en automne 2010, la plate-forme dont on a parlé tout à l'heure: "Avenir de la formation médicale".
Quatrièmement, à l'automne 2011, le Conseil fédéral transmettra au Parlement le message sur l'initiative populaire "Oui à la médecine de famille" déposée par les médecins de famille. Avec un contre-projet direct, le Conseil fédéral entend promouvoir la médecine de famille comme pilier important des soins de base et assurer notamment que les médecins soient engagés, autant que possible, là où leur présence est indispensable.
J'aimerais encore dire qu'il y a en effet de grandes différences de situation selon le domaine de spécialisation et signaler ici que le projet de réseaux de soins intégrés dont nous avons parlé ce matin assez longuement est l'une des réponses qui permet de revaloriser la fonction de médecin de famille, en tout cas celle de médecin de premier recours, et également de réorganiser le travail. Cela a pour effet, par le biais d'une meilleure intégration - et notamment d'une meilleure intégration des jeunes femmes médecins -, de rendre aussi la profession plus attractive dans ce domaine-là - et pas seulement dans les spécialités, qui, déjà maintenant, accueillent parfois trop de monde, puisque la situation est très différente selon le domaine de spécialisation médicale.
A la suite de ces remarques, nous sommes également favorables à la motion.