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Français Olivier · Nationalrat · 2011-03-09

Français Olivier · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2011-03-09

Wortprotokoll

Je me dois de rappeler un peu de mon histoire personnelle - histoire politique, je vous rassure - pour justifier ma proposition.

A la fin de années 1990, une immense catastrophe a marqué bon nombre d'entre nous tant son ampleur était considérable. Cette catastrophe a eu lieu en Amérique centrale. Elle était due à un ouragan d'une ampleur extraordinaire: l'ouragan Mitch. Cet événement a ravagé des régions entières et a fait perdre de nombreuses vies. Les images rapportées par les médias au fil du temps nous ont beaucoup marqués.

La population suisse, constatant le nombre de disparus et, au fil du temps, la destruction massive d'infrastructures, a réagi entre autres par le biais d'actions organisées par la Chaîne du bonheur. La population - comme c'est bien souvent le cas pour ce type d'événement - s'est montrée très présente, et les donateurs ont fait preuve de générosité. D'autres, comme moi, spectateurs impuissants et citoyens astreints à la protection civile, formés dans la structure des pionniers de sauvetage, ont estimé qu'ils auraient pu se rendre sur place afin d'aider à la reconstruction d'équipements publics - j'insiste sur le domaine d'intervention.

Porté par cette réflexion, et puisque à l'époque j'étais membre du Grand Conseil vaudois, j'ai déposé une interpellation en urgence et ai été soutenu à la quasi-unanimité pour demander l'envoi d'une troupe de volontaires de la protection civile vaudoise pour appuyer un programme de reconstruction en Amérique centrale. Certains astreints ont également soutenu cette demande et ont fait part de leur accord préalable pour effectuer une mission volontaire dans le cadre de la protection civile. Malheureusement, cette proposition a dû être refusée par l'administration fédérale, car la loi fédérale n'autorisait la présence de membres de la protection civile qu'aux abords de nos frontières.

Par la présente révision, nous avons la possibilité de corriger la loi pour permettre à nos autorités et aux astreints volontaires d'apporter assistance à des pays demandeurs d'aide en cas de catastrophe majeure, plus particulièrement pour la période de reconstruction - j'insiste encore une fois là-dessus.

Aujourd'hui, nous avons la possibilité d'être présents en envoyant des personnes dûment formées pour aider, par exemple, à reconstruire des écoles ou des dispensaires médicaux dans ces pays en désarroi après des catastrophes naturelles de grande ampleur. Ces cas sont rares, Dieu merci. Dans l'histoire récente, on peut estimer qu'il y a eu deux à trois cas tous les dix ans. Le cas le plus récent est celui d'Haïti, qui a subi un tremblement de terre exceptionnel et qui, aujourd'hui, peine à se reconstruire par manque de ressources humaines. Ce qui a pour conséquence une instabilité civile et un risque pour ceux qui, aujourd'hui, voudraient donner leur appui.

Nous pouvons aujourd'hui permettre à des volontaires de mettre en valeur leurs compétences, d'être solidaires sur le terrain dans des pays qui demandent une aide non seulement pour les premiers secours, mais aussi pour la reconstruction d'infrastructures, pour appuyer la Direction pour le développement et la coopération dans ses programmes d'aide à la reconstruction d'infrastructures publiques, pour compléter l'action des organisations non gouvernementales, bref pour être actifs sur le terrain.

Je vous demande d'appuyer mon initiative parlementaire afin qu'en cas d'événements majeurs, des personnes astreintes à la protection civile puissent mettre en valeur leurs compétences en dehors de notre territoire. La Suisse humanitaire peut être présente en dehors de ses frontières avec l'appui de la protection civile; des volontaires qui ont l'obligation de servir pourraient être engagés pour aider les autres et l'image de notre pays en sortirait renforcée.