Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2011-03-14
Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2011-03-14
Wortprotokoll
Ces dernières années, les conditions-cadres sont devenues de plus en plus favorables au développement de l'énergie solaire. Cette énergie renouvelable rencontre dès lors un succès mérité et les entreprises actives dans ce secteur doivent répondre à une demande croissante. Cette situation est réjouissante. Elle pose cependant un défi à notre économie, celui de trouver du personnel qualifié. Au moment où j'ai déposé ma motion, une enquête du Centre de formation du WWF mettait en lumière les inquiétudes des entreprises actives dans le solaire, qui craignaient une véritable pénurie de main-d'oeuvre compétente.
Par ma motion, je demande dès lors que le Conseil fédéral s'engage pour qu'une offre de formation adéquate soit mise en place rapidement, que ce soit au niveau de la formation de base ou de la formation continue. Les activités de l'agence fédérale pour la promotion de l'innovation (CTI) devraient en outre être renforcées dans ce domaine.
Dans sa réponse, le Conseil fédéral énumère une série de mesures en cours ou déjà prévues: programme "energiewissen.ch", augmentation des moyens dans le cadre du programme Suisse Energie, nouvelles offres de formation continue, cursus dans les hautes écoles spécialisées ou dans la formation professionnelle supérieure. Pour ce qui concerne la CTI, le Conseil fédéral évoque les 13,5 millions de francs investis ces dix dernières années dans des projets relatifs à la technique solaire et au photovoltaïque.
Les initiatives énumérées par le Conseil fédéral sont à saluer. La question est de savoir si elles sont suffisantes. Or les montants investis jusqu'ici restent modestes, en particulier dans le domaine des soutiens à l'innovation, alors que les besoins sont considérables. La Conférence sur l'innovation de 2010 le prouvait encore, en soulignant la nécessité de renforcer les soutiens aux installations pilotes et de démonstration. Certaines coupes prévues dans le cadre du programme de consolidation budgétaire, dont celles qui visent les mesures d'encouragement pour les technologies environnementales de l'Office fédéral de l'environnement, sont de très mauvais signaux. Le dernier rapport que l'OCDE a consacré aux politiques d'innovation souligne justement la nécessité pour la Suisse de maintenir ses efforts en matière de promotion de l'innovation, malgré les restrictions budgétaires. Les budgets devraient même être accrus et la politique de l'innovation de la Suisse plus clairement tournée vers la demande.
Bref, il est certain que des efforts supplémentaires pourraient et devraient être faits en matière de promotion de l'innovation, en particulier dans le domaine du solaire. Au niveau de la formation elle-même, s'il faut reconnaître les progrès accomplis dans la mise sur pied de nouvelles offres, celles-ci ne sont pour le moment pas assez valorisées auprès du public afin d'assurer qu'un nombre suffisant de professionnels les suivent. A ma connaissance, le Conseil fédéral ne prévoit en outre pas de mettre en place un système de monitoring, comme c'est le cas pour d'autres filières où les risques de pénurie existent, par exemple pour les professions de la santé, ou dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.
Malgré les progrès réalisés, je vous demande de soutenir ma motion, pour que le secteur du solaire, en plein essor dans notre pays, puisse compter à la fois sur les soutiens à l'innovation qu'il mérite et sur une main-d'oeuvre compétente. Nos entreprises doivent être prêtes à relever le défi auquel nous sommes confrontés: remplacer les énergies fossiles et nucléaires par des énergies renouvelables et nous positionner de manière dynamique dans les nouveaux marchés qui en résultent.