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John-Calame Francine · Nationalrat · 2011-03-17

John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2011-03-17

Wortprotokoll

Les entreprises connaissent en Suisse des conditions de travail extrêmement souples, peu de charges sociales sur la masse salariale par rapport à certains de nos voisins - comme la France -, peu ou pas d'obligations en cas de licenciement collectif de fournir un plan social minimal, peu d'obligations sur le nombre d'heures journalières maximal à effectuer puisque les horaires peuvent être annualisés et peu de branches offrent un salaire minimal. A tout cela s'ajoute encore une fiscalité attrayante pour les entreprises afin de maintenir leur compétitivité économique.

Qu'en est-il du sort des travailleuses et des travailleurs? Les conditions de travail ont énormément évolué ces dernières années. Les performances fournies par les salariés en termes de productivité doivent être toujours plus élevées, les horaires sont de plus en plus souples et étendus quand cela ne va pas même jusqu'au travail sur appel. De plus, au nom de la compétitivité, l'industrie impose souvent les horaires 24 heures sur 24, donc par équipes qui travaillent par tournus, soit de 2 fois 8 heures pour celles qui acceptent encore que la nuit soit réservée au sommeil et pour les autres de 3 fois 8 heures. Ces conditions sont extrêmement perturbantes pour l'organisme et plusieurs études médicales ont conclu que le travail de nuit était nocif pour la santé, car il altère le rythme biologique des personnes. Même dans le tertiaire le rythme de travail s'est accru et les performances exigées des travailleuses et des travailleurs deviennent parfois insupportables!

Combien de dépressions, de burn-out, pourraient être évités si des dispositions volontaires étaient mises en place dans les entreprises pour permettre aux gens de décompresser. Seulement voilà, les actions volontaires sont extrêmement rares; elles sont souvent offertes d'ailleurs par des entreprises américaines, qui ont compris que le bien-être des salariés bénéficiait à l'entreprise. Parmi les autres, bien peu d'entre elles admettent que le travail peut rendre malade! Le slogan "le travail, c'est la santé" n'est plus d'actualité. Ce sont d'ailleurs les mêmes personnes qui revendiquent des rendements plus élevés et, une fois le personnel usé et malade, qui exigent que l'AI revoie ses prestations à la baisse parce que, quand même, tous ces malades psychiques, ça fait un peu désordre! Et, c'est bien connu, quand on souffre de dépression ou de burn-out, il suffit d'avoir un peu de bonne volonté pour s'en sortir!

Actuellement, un grand nombre de personnes se plaignent de souffrir d'une fatigue extrême ou de subir un stress intense. Pour tenir le coup, la consommation de médicaments augmente et la prise de stupéfiants aussi. N'y a-t-il pas d'autres solutions à proposer pour prévenir tous ces problèmes de santé qui coûtent fort cher aux assurances sociales? Sur ce point, les employeurs ne proposent pas grand-chose. Pourtant, si on mettait en oeuvre le principe du pollueur-payeur et que les entreprises avaient à assumer les coûts de la santé dont elles sont responsables, il est certain qu'elles mettraient en place les mesures de prévention nécessaires pour alléger la charge de travail.

Dès lors, les 6 semaines de vacances nous semblent une mesure fort raisonnable et facile à mettre en oeuvre. 6 semaines de vacances, c'est juste une reconnaissance de la qualité et de la quantité du travail fourni par tous ces salariés, qui ne lésinent même pas sur les heures supplémentaires lorsque les délais l'exigent.

Alors un tout grand merci aux employeurs qui ont compris que leurs salariés sont des personnes qui ont droit à une qualité de vie, à passer du temps avec leurs enfants et leur famille, à maintenir des liens sociaux, et que leur repos est bien mérité.

En attendant les propositions de l'économie, on peut commencer par accepter la solution proposée par cette initiative et offrir 6 semaines de vacances pour tous.